the beginning after the end Chapitre 159

COUVERTURE

Nico, Cecilia et moi restèrent silencieux, assis autour de la table de jardin de mauvaise qualité, fixant les mots imprimés sur la feuille de papier, semblable à du tissu, dans nos mains.

“On… on est inscrits,” j’ai finalement murmuré, sans lever les yeux de la lettre d’admission.

“Je n’arrive pas à y croire.”

“Parles pour toi. Le seul pour qui Cecilia et moi étaient inquiet, c’était toi, Grey,” Nico taquina, mais même lui ne pouvait dissimuler son enthousiasme.

“Je n’arrive pas à y croire non plus,” Cecilia chuchota, sa voix tremblait.

“Whoa! Tu pleures, Cecilia ?”

“Non. J’ai juste quelque chose dans l’œil – c’est tout.” Je décrocha finalement mes yeux de la lettre d’admission dans ma main pour voir Cecilia se dépêcher d’essuyer ses larmes avec ses manches, ses
habituelles joues crémeuses virant au rouge vif.

“Félicitations, vous trois,” la claire voix de Directrice Wilbeck résonna de l’entrée du jardin.

“Directrice!” Nico s’exclama, tenant fièrement sa lettre en l’air comme un trophée pour qu’elle la voit.

“Je vais avoir besoin de cadres pour afficher ces lettres,” elle dit avec un sourire en s’approchant de nous, puis elle fit un câlin à chacun de nous.

Regardant le doux sourire sur son visage, une sensation de culpabilité frappa ma poitrine.

Elle était la femme qui m’avait élevé comme son fils depuis que je me souviens, pourtant je m’en allais égoïstement dans une ville loin d’ici.

“Directrice… êtes-vous sûre que c’est ok pour nous d’y aller ? Je peux rester et aider à l’orphelinat.

Ce n’est pas grand chose. Je ne suis pas bon pour étudier comme Nico et Cecilia de toute manière ; en plus, c’est coûteux et vous vous faites vieille alors-ouch !” Je glapis, frottant mon front lancinant.

“Je t’emmènerais à l’académie même si je dois t’y traîner dans tes sous- vêtements,” elle gronda, son doigt enroulé, prêt à me donner une autre pichenette.

“Toute ces années à élever un faiseur de troubles comme toi a finalement payé et tu veux – quoi ? Rester ici ? Pas sous mon toit.”

“C’est Nico le faiseur de troubles. Je me fais juste entraîner avec !” Je protesta, levant mes mains pour protéger mon front de l’assaut.

“Alors je suppose que Mr. Sever mérite aussi un de ceux-là aussi,” la directrice déclara, donnant une pichenette au front de mon meilleur ami avec la vitesse et la précision d’un soldat entraîné.

“Aïe ! Grey ! Comment ça ?” Nico pleura, frottant vigoreusement son front.

J’entendis un léger rire à mes côtés. Nico et moi tournèrent nos têtes pour voir Cecilia pour la première fois.

On la fixa tous les deux, les yeux écarquillés et mâchoires ouvertes. Même la directrice était surprise.

“Est-ce qu’elle a finalement craquée ?” Nico chuchota, se penchant à mon oreille.

Je planta mon ami dans les côtes avec mon coude, mes yeux collés à l’étrange vue de Cecilia riant.

Ma poitrine se serrait et je sentais mon visage devenir brûlant, mais seulement lorsque Cecilia remarqua que nous la fixions tous, ai- je réalisé que je rougissais, comme elle.

Je tourna rapidement et me leva pour éviter son regard, m’étirant pour aucune autre raison que pour attirer l’attention autre part que mon visage.

Directrice Wilbeck avait dû le remarquer, car elle me donna ce sourire enfantin qui la faisait sembler dix ans plus jeune.

“Je ferais bien de rentrer à l’intérieur, les enfants. L’école ne commence pas avant quelques semaines, mais faites une liste des chose dont vous allez avoir besoin pour ne rien oublier quand l’un des bénévoles vous amènera tous à la ville.” La directrice repartit par la porte coulissante d’où elle était venue plus
tôt, se tournant une dernière fois avant de rentrer.

“Et encore mes félicitations, vous trois.”

ARTHUR LEYWIN

On s’approche de la frontière.

La voix de Sylvie a résonné dans ma tête, me tirant de mon sommeil.

Les nuages blancs, encore flous pour mes yeux fatigués, sont lentement revenus au premier plan lorsque j’ai cligné des yeux. J’ai jeté un coup d’œil en bas, et j’ai vu que nous venions de passer le canal de Sehz, qui traversait les villes de Carn et de Maybur et se dirigeait vers la côte ouest.

Comment te sens-tu ? J’ai demandé, en étirant mon cou et mon dos douloureux avec mes jambes qui pendaient sur le côté à la base du cou de mon lien.

Je devrais te demander la même chose. J’admets que l’utilisation de mes pouvoirs m’a épuisé plus que je ne l’aurais cru, mais tu t’es vraiment surmené, me dit Sylvie en déployant ses grandes ailes pour ralentir notre
descente.

Mon gémissement a été emporté par le vent.

Je sais. Il semble que j’ai encore du chemin à faire si je veux vraiment affronter une Faux.

Nous sommes tous deux jeunes, le temps est un luxe que nous avons la chance d’avoir. Nous devons juste rester prudents et ne rien faire d’irréfléchi… comme essayer d’affronter un serviteur seul.

Je promets que ça n’arrivera plus.

De plus, tu as sauvé la situation à la fin, dis-je d’un ton réconfortant en tapotant son cou écaillé.

Mon lien n’a pas répondu, réagissant plutôt par une vague de frustration et d’impuissance.

Je n’ai rien dit, mais je n’avais pas besoin de le faire.

Elle savait ce que je ressentais.

Nous avons atterri sur une terre instable, juste au-dessus de la frontière du Royaume de Darv. Le sol de la forêt, autrefois humide, était devenu sec et dur, avec des fissures dans chaque recoin.

La route commerciale que les nains et les humains utilisaient pour échanger leurs marchandises se trouvait près du coin est de Darv, près des Grandes Montagnes, il n’y avait donc aucune route visible aussi loin vers la côte.

“Il fait toujours froid”, grommelai-je alors que ma cape s’envolait dans le vent.

Tu devrais avoir des écailles comme moi, plaisanta Sylvie en se baissant pour me laisser descendre.

“Je suis juste heureux d’être encore capable de rassembler assez de mana pour ne pas geler.” J’ai levé ma jambe et l’ai amenée autour du cou de mon lien, mais dès que mes jambes ont touché le sol, une douleur aiguë a parcouru tout le bas de mon corps et m’a fait m’écrouler dans la terre.

Les blessures de tes jambes ne vont pas mieux. La voix de Sylvie était empreinte d’inquiétude et de culpabilité, comme si elle était la responsable de ma douleur.

Peut-être que ce serait mieux si tu continuais à me monter.

” Non “, j’ai haleté, voulant plus de mana dans mes jambes comme solution temporaire.

“Si mes soupçons sont corrects, nous allons devoir faire profil bas, et nous avons déjà pris le risque d’être exposés en descendant aussi bas.”

Très bien.

Le grand corps de Sylvie a commencé à briller alors qu’elle reprenait sa forme de renard. Plutôt que de monter sur moi comme d’habitude, elle a trotté à côté de moi.

“On dirait que la prédiction de Dame Myre était juste”, ai-je dit en faisant des pas prudents.

“Même après avoir été soigné avec l’art de l’éther vivum, le bas de mon corps me paraît comme lorsque j’étais un nouveau-né.”

Le contrôle de grand-mère et sa connaissance de l’éther dans le chemin du vivum sont bien plus grands que les miens.

Peut-être que si elle était là… Une autre vague de culpabilité m’a envahi en provenance de mon lien alors
que ses oreilles pointues s’affaissaient.

Arrête de bouder, lui dis-je en accélérant le pas alors que nous nous aventurions en territoire nain.

L’avertissement de ta grand-mère était plutôt vague, mais je pense qu’avec un peu de repos, mon corps assimilé va commencer à guérir. Je devrais m’en sortir.

J’ai choisi mes mots avec soin, essayant de cacher mon manque de confiance, mais il était évident que mes émotions s’étaient répandues en elle.

L’explosion de mana dans chacun de mes muscles était si intense que j’aurais dû être reconnaissant d’être capable de marcher, mais je ne pouvais m’empêcher d’être frustré par ma faiblesse.

L’utilisation du Burst Step, pas moins de trois fois, m’avait laissé avec des os brisés et des muscles déchirés, qui auraient été presque irréparables sans Sylvie.

J’ai grimacé à la simple pensée de l’expression de ma mère si elle avait vu l’état dans lequel je me trouvais… Est-ce qu’elle – ou n’importe quel émetteur – aurait été capable de me guérir?

Ravalant ces pensées décourageantes, je scrutai la zone.

Devant moi s’étendait une vaste étendue aux nuances variées de brun et de jaune.

Les rares plantes éparpillées autour de moi étaient soit des branches et des arbustes cassés, transportés par le vent depuis la forêt, soit des mauvaises herbes poussant dans les fissures du sol. J’ai pris note des gros rochers éparpillés, au cas où nous aurions besoin de nous cacher ou de nous mettre à l’abri des vents violents, mais il n’y avait aucun signe d’activité.

Les plaines déchiquetées plongeaient et s’élevaient pour former des ravins.

D’après les livres que j’avais lus et ce qu’Elijah m’avait dit, de nombreux ravins disséminés dans le Royaume de Darv cachaient des entrées vers les villes souterraines où les nains vivaient réellement.
J’ai pris une profonde inspiration.

” Commençons. Atteignant les profondeurs de mon noyau de mana, où résidait la volonté de bête de Sylvia, j’ai activé Realmheart une fois de plus. La sensation familière m’a envahi, et mon corps a immédiatement protesté.

Je me jetai sur le côté et vomis la nourriture partiellement digérée que j’avais dans l’estomac.

Quand tout est sorti, j’ai craché une bile sombre. Ma poitrine se gonflait et le monde tournait autour de moi, mais heureusement, j’étais toujours capable de maintenir Realmheart, ce qui était crucial pour cette tâche.

Nous devrions peut-être revenir la prochaine fois. Avec ma lignée, je suis presque sûr que j’hériterai de Realmheart une fois que mes pouvoirs seront pleinement développés. Nous pourrons revenir à ce moment-là et nous pourrons tous les deux chercher…”

J’ai secoué ma tête. Ça ne marche pas comme ça. D’ici là, les fluctuations de mana des soldats et du serviteur se seront équilibrées. La recherche doit se faire maintenant.

“Équilibrées”?

Le mana dans l’atmosphère reviendra à son état d’origine, expliquai-je en reportant mon attention sur les particules de mana à proximité pour détecter tout signe d’anomalie.

Lorsque j’avais expérimenté cette perspective pour la première fois alors que j’étais en Realmheart, les particules m’avaient paru chaotiques, comme des grains de poussière poussés et tirés par la moindre brise, mais ce n’était pas le cas.

Pendant le peu de temps que j’avais passé avec Dame Myre, elle m’avait expliqué comment le mana et l’éther se comportaient à l’état naturel.

Chaque élément du mana atmosphérique suivait son propre modèle.

Le mana de l’attribut Terre restait près du sol, se déplaçant faiblement comme du sable fin roulant sur une colline. Le mana des attributs de l’eau et du vent se déplaçait de la même façon, s’écoulant en ruisseaux paresseux, mais les particules d’eau étaient beaucoup plus rares. Le mana de l’attribut feu était dispersé partout, palpitant et pulsant, presque comme s’il donnait vie à la planète.

L’éther, cependant, se comportait comme si chaque particule avait sa propre conscience. Certaines se déplaçaient aux côtés des particules de terre, tandis que d’autres se rassemblaient autour du mana associé au vent et à l’eau, les rassemblant comme des moutons.

Ce qu’avait dit Dame Myre, à savoir que l’éther était le verre qui contenait le liquide, cette force semblait interagir avec le mana d’une manière particulière.

En raison du grand nombre de soldats alacryens qui s’étaient introduits dans le Royaume de Sapin, j’avais espéré qu’il y aurait des traces de fluctuation de mana, mais la tâche d’identifier des différences infimes dans le ciel infini de particules s’est avérée encore plus difficile que je ne le pensais.

Pour rendre cette tâche encore plus difficile, je devais limiter mon utilisation du mana à rien de plus que le renforcement de mon corps.

L’acte même d’absorber le mana de l’atmosphère créerait des fluctuations qui interféreraient ; je ne serais pas capable de distinguer mon utilisation du mana de celle des Alacryens.

En faisant de grandes enjambées, Sylvie et moi avons contourné une des formations rocheuses le long de la frontière entre Sapin et Darv.

Par chance, les soldats n’avaient pas réussi à cacher leur trace dans la forêt. Sylvie a pu trouver où ils s’étaient déplacés, mais dans ce désert rocheux, où le vent effaçait constamment tout signe d’activité, il me restait la lourde tâche de localiser des traces de fluctuations de mana.

Au bout d’une heure, Sylvie a fini par perdre patience.

Ne devrions-nous pas nous diriger vers la côte pour voir s’il y a des vaisseaux alacryens ? Je ne comprends pas pourquoi nous perdons du temps ici. Au contraire, tu devrais te reposer, pas errer dans ce misérable désert.

Je croyais que tu lisais dans mes pensées, dis-je en détournant la tête d’un fort vent de sable.

Ce n’est pas comme ça que ça marche. Ce sont surtout les émotions qui passent, et des pensées très basiques.

En ce moment, je ressens un fort sentiment de suspicion venant de toi, mais à part ça…

J’ai trouvé quelque chose.

J’ai failli le dire à haute voix quand je me suis arrêté brusquement. J’avais regardé le ciel pendant tout ce temps, mais je n’avais rien remarqué d’étrange jusqu’à ce que je repère une tache sombre sur le sol.

Une fine couche de sable sec la recouvrait, mais il y avait indéniablement une petite flaque de terre humide.

Me mettant à genoux, j’ai frotté la terre humide entre mes doigts, juste pourm’en assurer. J’ai regardé le ciel une fois de plus et j’ai finalement repéré ce qui manquait.

Il y avait une absence de mana d’attribut de l’eau à proximité de la terre humide.

Qu’est-ce qui se passe ? a dit Sylvie en regardant la terre dans ma main. On dirait que quelqu’un a eu soif, ai-je répondu.

En examinant la zone, j’ai trouvé d’autres endroits où l’atmosphère était dépourvue de mana attributaire de l’eau.

En suivant cette faible piste, nous nous sommes dirigés vers le sud-est, loin de la côte, jusqu’à ce que nous
arrivions au bord d’un étroit ravin. Allons-y. Descendons.

Nous avons soigneusement descendu la pente raide, le sifflement du vent masquant tous les autres sons. Au fond du ravin, la faible trace du mana attributaire d’eau manquant a disparu – mais cela n’avait pas d’importance.

“Merde”, ai-je marmonné doucement, en regardant en bas de la falaise.

“J’espérais vraiment avoir tort.”

Tes soupçons… ne me dis rien… Une vague de compréhension émana de mon lien lorsqu’elle sentit le grondement du sol creux sous nos pieds.

Yup. Je ne suis encore sûr qu’à quatre-vingt pour cent, mais je soupçonne fortement que l’armée alacryenne que nous avons combattue est entrée dans Dicathen avec l’aide des nains.


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lxh _hr
1 mois il y a

les traîtres

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