Auteur/autrice : ych

  • the beginning after the end Chapitre 6

    Je ne savais pas ce qu’il voulait. Peut-être qu’il voulait remettre les idées en place à l’enfant qui, selon lui, avait un ego surdimensionné et qui se croyait apparemment un génie. Ou peut-être qu’il voulait vraiment essayer de jauger ma force. Mais à en croire le sourire narquois sur son visage en me regardant de haut (même si c’était normal qu’il me regarde de haut, vu notre différence de taille), je suis parti du principe que la première raison devait être la bonne.

    Après avoir récupéré l’épée en bois que mes parents m’avaient offerte, je me suis dirigé vers la lisière du camp, près d’une petite clairière, où Adam m’attendait.

    “Tu sais renforcer ton arme, pas vrai, le génie ?” a-t-il demandé, en insistant sur le dernier mot.
    Pendant ce temps, mon père avait déjà compris qu’Adam voulait juste prouver sa supériorité à son petit garçon, mais il ne s’est pas interposé. Il savait qu’il ne me blesserait pas trop.

    Merci beaucoup, papa.

    Ma mère, quant à elle, semblait un peu plus anxieuse et n’arrêtait pas de poser son regard sur moi, mon père, et Adam à tour de rôle en tenant fermement la manche de son mari.

    Bon, au moins maman était là pour me soigner si je me blessais, pas vrai ?
    Je me suis concentré sur Adam qui se tenait à environ cinq mètres de moi. Des images de moi combattant d’autres rois mettant en jeu mon royaume et ma population me sont venues en tête. Mes yeux se sont plissés, restreignant ma vision pour ne plus voir que l’homme en face de moi. C’était lui mon adversaire, à présent.
    J’ai déplacé mon mana dans mes jambes et j’ai foncé sur lui en agrippant mon épée en bois à deux mains sur ma droite…

    Son sourire en coin toujours présent, Adam s’est préparé à parer mon attaque horizontale. J’ai cependant feinté et j’ai utilisé un jeu de jambes particulier que j’avais développé dans mon ancienne vie et que j’utilisais pour les duels. Presque instantanément, j’ai déplacé un pied en diagonale vers la droite. Maudis sois-tu, satané corps ! Je ne pouvais pas parfaitement me mouvoir à cause de la différence de taille et de poids qu’il y avait entre mon ancien corps et celui-ci de moins de 20 kg et de 110 cm. Même si je n’avais pas réussi à atteindre la zone que je visais, malheureusement pour Adam qui s’était déjà préparé à bloquer mon attaque dans l’autre direction, j’ai pu viser son ouverture à sa droite.

    Son air faussement hautain avait totalement disparu pour faire place à un air surpris. Ses yeux se sont légèrement écarquillés quand il a réalisé ce qui allait se passer.

    J’ai balancé mon épée en bois vers sa cage thoracique ouverte et j’ai renforcé mon arme avec du mana au dernier moment pour le conserver. Je savais bien que j’étais désavantagée par rapport à un vétéran comme lui.
    Sa surprise n’a duré qu’une fraction de secondes, après quoi il a pivoté sur son pied droit d’une rapidité presque inhumaine. Je me suis baissé juste à temps pour esquiver sa frappe vers le haut, j’ai changé d’attaque pour passer à un balayage rotatif et j’ai porté un coup à sa cheville gauche en utilisant tout mon élan. Celle-ci a lâché après mon coup, faisant perdre l’équilibre à Adam.
    Enfin, c’était ce que je pensais.

    Il avait en fait déplacé son centre de gravité sur l’autre pied et balançait un coup de pied circulaire rapide.

    Mon corps actuel n’étant pas capable de se prendre un tel coup, j’ai sauté pour esquiver sa jambe lorsque, du coin de l’œil, j’ai vu un éclair brun se diriger vers moi.
    Je n’avais pas le temps d’éviter son bâton, alors j’ai attrapé mon épée à son extrémité et j’ai tourné l’épée pour que le plat de la lame bloque le bâton d’Adam.

    C’est alors que la troisième loi de Newton m’est venue en tête.
    Pour chaque action, il existe une réaction équivalente et opposée.

    Et bordel, ce que la réaction opposée était douloureuse. Même si j’avais réussi à bloquer le coup, mon corps de quatre ans n’a pas pu résister au choc et j’ai été éjecté avant de retomber par terre lourdement.
    Heureusement, j’avais renforcé tout mon corps avant de me prendre le coup, alors je n’avais pas sérieusement été blessé.

    Je me suis assis en gémissant et j’ai frotté ma tête qui me lancinait. J’ai finalement levé la tête pour voir sept paires de yeux stupéfaits me fixer.

    Ma mère a été la première à réagir, secouant la tête. Elle a couru vers moi et m’a immédiatement lancé un sort de soin.
    Du coin de l’œil, j’ai vu Durden donner une tape sur la tête d’Adam assez fort pour lui faire perdre l’équilibre. Héhé~

    “Art chéri, tu vas bien ? Comment te sens-tu ?”
    “Je vais bien, maman. Ne t’en fais pas.”
    La voix d’Adam nous a interrompu : “Il n’a pas appris à se battre, mon cul ! Comment as-tu dressé ce petit monstre ?” a-t-il grommelé en se frottant la tête.

    “Je ne lui ai jamais appris ça.” a murmuré mon père.
    Il est sorti de sa béatitude et est venu vers moi pour me demander si j’allais bien. Je lui ai répondu en hochant simplement la tête.

    Mon père m’a soulevé et m’a gentiment reposé là où j’étais assis, à côté des autres. Il s’est accroupi en face de moi pour être à la même hauteur que moi.
    “Art, où as-tu appris à te battre comme ça ?”
    J’ai décidé de feindre l’ignorance et j’ai dit d’une voix nonchalante : “J’ai appris en lisant des livres et en te regardant t’entraîner, papa.”

    Je ne pensais pas que lui dire la vérité serait une bonne idée pour l’instant. ‘Coucou, papa. En fait, j’étais le Roi représentant des bretteurs de mon pays dans un monde où les problèmes diplomatiques et internationaux étaient réglés par la guerre.’
    “Désolé de t’avoir malmené, mon petit gars. Je ne pensais pas que je devrais utiliser autant de force pour me débarrasser de toi.”

    L’image que j’avais d’Adam s’est un peu améliorée en l’entendant s’excuser. Ce n’était donc pas un abruti fini.
    J’ai alors entendu une voix faible à côté de moi. “Ta façon de combattre est… unique. Comment as-tu fait ce mouvement après la feinte ?”
    Wow ! Deux phrases complètes ! C’était la première fois que j’entendais Jasmine parler autant de tout le voyage.

    Je me suis senti honoré.
    “Merci ?” ai-je répondu.

    J’ai rassemblé mes pensées pour essayer d’expliquer étape par étape ce que j’avais fait.
    “C’est vraiment une technique toute simple. Comme j’avais fait une feinte du côté droit de Monsieur Krensh, j’ai posé mon pied droit en avant comme le dernier pas avant la feinte. Là, j’ai concentré mon mana dans mon pied droit, je me suis reculé, et j’ai mis mon pied gauche derrière le droit dans la direction où je voulais aller. J’ai alors concentré mon mana dans mon pied gauche, mais avec plus de puissance que sur l’autre pied pour que je ne sois pas propulsé en arrière. Et là, j’ai pu aller dans la direction que je voulais.”
    C’était tout.

    J’ai regardé autour de moi pour voir Adam, Helen, et même mon père courir vers la clairière pour essayer ce que je venais d’expliquer.
    Quand je me suis retourné pour faire face à Jasmine, je n’ai pu voir que son dos alors qu’elle se précipitait elle aussi vers les autres.

    Maman s’est assise à côté de moi, me caressant la tête avec un sourire doux sur le visage qui semblait me dire : “Tu t’es bien débrouillé.” Angela est venue aussi et a enfoui mon visage, et même ma tête entière dans sa poitrine en s’exclamant joyeusement : “Mignon et talentueux, hein ? Ah, si seulement tu étais né quelques années plus tôt pour que je puisse t’avoir rien qu’à moi !”
    Je me suis écarté en rougissant de ses seins sur lesquels la gravité ne semblait pas s’appliquer. Ces… armes étaient dangereuses.

    Mon ange gardien, Durden, était bien plus calme face à cette situation et a juste levé ses pouces en l’air pour me féliciter. Il était trop cool.
    Les quatre idiots ont passé presque toute la nuit à essayer de maîtriser le mouvement de feinte que je leur avais expliqué pendant que je dormais avec maman.
    ————————————————
    Quelques jours se sont écoulés avant que nous n’atteignions le pied des Grandes Montagnes qui portaient bien leur nom.
    Sur le chemin, seule Helen avait osé mettre sa fierté de côté pour me demander plus de précision sur la feinte. Je lui ai réexpliqué lentement quel était le timing à avoir quand on posait le pied droit puis le gauche. Ensuite, je lui ai montré comment équilibrer la puissance du mana dans les deux pieds pour pouvoir se déplacer comme bon nous semblait. J’ai presque vu les oreilles des trois autres idiots s’agrandir au loin pendant mon explication. Ils hochaient doucement la tête en prenant mentalement notes des informations que je donnais.
    La première à réussir a été Jasmine. Elle m’avait toujours renvoyé l’image du génie d’une froideur absolue, et ma supposition avait l’air d’être fondée.
    Elle m’avait pris à part en rougissant presque, un jour, pour me demander de regarder. Ma mère me donnait un cours de lecture et d’écriture, à ce moment-là.
    Nous avons fait une petite pause pour que la calèche ne parte pas sans nous. Après m’avoir montré le mouvement de feinte avec succès, je l’ai applaudie en disant : “Incroyable ! Tu as appris super vite !”
    C’était une des techniques les plus basiques que j’avais inventées, mais je ne comptais pas le lui dire.
    Elle m’a répondu sèchement en disant “Ce n’était rien.”, mais son léger sourire en coin et son nez qui frémissait fièrement montraient le contraire.
    Haha, elle était contente.

    Lorsque nous sommes arrivés au pied des Grandes Montagnes, les quatre idiots avait réussi à apprendre la technique et l’avait modifiée pour qu’elle corresponde à leur propre style de combat.
    La prochaine étape du voyage était de gravir les montagnes. Heureusement, il y avait un sentier d’environ deux calèches de large qui faisait le tour de la montagne et qui pouvait nous emmener au sommet où se trouvait le portail de téléportation.

    Dans la première calèche se trouvaient Durden qui tenait les rênes à l’avant et mon père qui lui tenait compagnie. Elle contenait la plupart de nos bagages. Helen était assise sur la deuxième calèche dans laquelle j’étais pour surveiller les alentours. Angela était assise à l’arrière avec maman et moi, et Adam marchait derrière nous, montant la garde. Pendant que Jasmine dirigeait la calèche, j’ai remarqué qu’elle n’arrêtait pas de se retourner pour me regarder. Je sentais presque tout le temps son regard pesant sur moi. Voulait-elle que je lui montre d’autres techniques ? À chaque fois que je croisais son regard, elle se tournait rapidement comme si de rien n’était.
    Avait-elle cinq ans ?
    En parlant d’âge, j’ai eu quatre ans durant le trajet pour aller jusqu’aux Grandes Montagnes. Je ne savais pas quand ma mère avait pu préparer le gâteau, ni où elle l’avait caché (je ne savais même pas si c’était comestible !). Mais je ne me suis pas plaint, j’ai fait un grand sourire et j’ai remercié tout le monde. Ils m’ont tous fait un câlin ou m’ont donné une tape dans le dos, sauf Jasmine qui m’a offert un petit couteau en disant simplement “Cadeau.”

    Aww, elle s’est donné la peine de me donner un cadeau ! Je vais pleurer.
    Heureusement, notre trajet jusqu’au sommet de la montagne s’est déroulé sans incident. J’ai passé beaucoup de temps à lire mon livre sur la manipulation de mana pour essayer de trouver plus de différences entre le mana et le qi. Jusqu’à présent, ils étaient assez similaires sauf pour de rares cas où un utilisateur de renforcement pouvait avoir des compétences particulières incluant des éléments. En lisant, j’ai remarqué que pour les débutants qui pouvaient s’y tâter, ce n’était pas aussi distinct que pour les invocateurs qui utilisaient des sorts. Ils recevaient plutôt les caractéristiques des éléments.

    Par exemple, un utilisateur de renforcement ayant une compatibilité avec le feu aurait un mana avec des caractéristiques explosives. L’eau aurait des caractéristiques fluides et flexibles. La terre aurait des fermes plus rigides, alors que le vent aurait des caractéristiques de lame tranchante.

    C’était étrange. Dans mon ancien monde, ce genre de caractéristiques dépendaient plus de la manière dont on utilisait le qi plutôt que des éléments. Aiguiser le qi en une lame tranchante serait ce que l’on appelle « l’élément du vent ». Accumuler le qi en un seul point avant de l’expulser au dernier moment donnerait “l’élément du feu”, etc. Bien sûr, les pratiquants avaient des préférences et étaient plus aptes naturellement à pratiquer un style à un autre. Cependant, je ne dirais pas que c’était rare. L’utilisation la plus simple du qi seul nous permettait de renforcer le corps et les armes.

    Je devrais tester ça avec du mana, plus tard. Être coincé dans un corps de quatre ans en étant surveillé constamment par des adultes m’en empêchait pour le moment.
    J’ai continué à lire, quand soudain, la voix alarmée d’Helen a retenti dans mes oreilles.
    “DES BRIGANDS ! PRÉPAREZ-VOUS AU COMBAT !” a-t-elle hurlé tandis que des pas lourds venant depuis la droite et l’arrière faisaient trembler la terre.

    “Soumets-toi, ô vent, et obéis à ma volonté. Je t’ordonne de te rassembler pour former une protection. Barrière de Vent !” J’ai instantanément senti une rafale de vent former une tornade autour de maman, Angela et moi. La tornade s’est alors transformée en sphère nous englobant.
    Angela tenait sa baguette et était concentrée à garder la barrière activée pendant que des flèches bombardaient la barrière et rebondissaient pour partir dans différentes directions.
    Ma mère m’a tiré vers elle et m’a protégé avec son corps de tout ce qui pourrait traverser la barrière. Heureusement, ses efforts n’ont pas été récompensés car la protection a tenu bon.
    Ça n’a été qu’une question de temps avant que le tissu qui recouvrait la calèche ne soit mis en pièces et que j’aie une meilleure vue de la situation.
    Nous étions complètement encerclés.

  • the beginning after the end Chapitre 5

    Un clang résonna dans le silence quand ma mère laissa tomber sa fourchette dans son assiette.
    “Quoi ? Reynolds ! Arthur n’a même pas quatre ans ! Non ! En plus, tu avais dit que si notre fils devenait un utilisateur de renforcement, c’est toi qui t’occuperais de tout lui enseigner !” a dit Maman d’une voix désespérée.
    “Moi non plus, je n’aurais jamais pensé que notre fils serait un tel prodige en manipulation de mana. Qui a déjà entendu parler d’un éveil à l’âge de trois ans ?” a répondu Papa beaucoup plus calmement.
    “Mais ça veut dire qu’il devra partir de chez nous ! Il n’a que quatre ans, Reynolds ! Nous ne pouvons pas laisser notre bébé quitter la maison si jeune !”
    “Tu ne comprends pas. Quand j’observe son corps, pendant qu’il médite, je ne peux qu’avoir l’impression que tout ça a toujours été naturel pour lui. Alice, ma chérie, la seule chose que je fais est de freiner mon fils en lui apprenant des choses qu’il peut faire dans son sommeil.”
    Et c’est ainsi que mes parents ont commencé à se disputer.
    La discussion allait et venait sans qu’aucun des deux ne change sa position ; Maman continuait de dire que j’étais trop jeune, et Papa disait qu’on ne pouvait pas m’empêcher d’atteindre mon plein potentiel pour ça, etc…
    Pendant ce temps, j’étais en train de jouer à un jeu de guerre avec ma nourriture. Les petit-pois attaquaient sous les ordres de l’Empire de Maman, alors que les carottes de la Nation de Papa défendaient désespérément leurs terres.
    Puis, mes parents se sont finalement calmés et mon père s’est tourné vers moi.
    “Art, ça te concerne, donc tu as aussi ton mot à dire là-dedans. Que dirais-tu d’aller dans une grande ville pour avoir un professeur ?”
    Fantastique…
    J’appréciais leurs efforts pour essayer de rendre ça juste, mais je ne pense pas qu’il réalisait qu’il demandait à un gamin de quatre ans de prendre une décision qui allait au final changer sa vie…
    Pour essayer de clore la discussion, j’ai suggéré : “Je peux au moins essayer de rencontrer des mentors pour qu’ils voient si j’ai besoin d’eux ?”
    *Silence*
    Avais-je posé un pied sur un champ de mines ? Étais-je censé être incapable de faire des phrases aussi compliquées à mon âge actuel ? Étaient-ils en colère que je n’aie pas pris de parti ?
    Je savais que je ne pourrais pas garder mon visage neutre éternellement, alors j’ai baissé la tête en attendant leur réponse.
    Heureusement, aucune de mes craintes ne s’est avérée fondée. Ma mère a enfin dit, en marmonnant presque : “Nous irons au moins faire tester formellement son noyau de mana et ses canaux. Nous réfléchirons à quoi faire après ça.”
    Mon père ayant approuvé l’idée en acquiesçant, nous avons commencé les préparatifs pour le jour suivant. Ce soir-là, je pensais que nous nous préparions à aller dans la ville d’à côté, un jour de voyage tout au plus, pour que je me fasse évaluer par un mage qualifié, mais j’avais tort.
    Nous prévoyons de faire un voyage de trois semaines. Un voyage en calèche tirée par des chevaux à travers les Grandes Montagnes qui nous mènerait à une chose que l’on appelait un portail de téléportation qui nous emmènerait dans une ville du nom de Xyrus.
    Un livre que j’avais lu m’est revenu en tête. Il parlait d’un bout de terre flottant créé par une ancienne organisation d’invocateur dans le seul but d’y abriter l’Académie des Mages la plus prestigieuse. Une ville à plus tard été construite autour de l’académie ; celle-ci, comme l’Académie, a été nommée du nom du chef de l’organisation : Xyrus.
    Comment était-ce possible qu’un bout de terre d’une largeur de centaines de kilomètres puisse flotter ? Du magnétisme ? Mais alors, les terres sous la ville devraient en être affectées. La ville avait-elle son propre champ gravitationnel ?
    Enfin, peu importe !
    Ce voyage allait être long. C’était dans ce genre de moment que j’espérais que les transports modernes existent. Pour aller à la ville, nous devions traverser un des portails de téléportation présents dans la chaîne des Grandes Montagnes, sinon cela aurait facilement pu nous prendre des mois de voyager de ville en ville jusqu’à atteindre le portail en-dessous de la vraie ville qui flottait près de la frontière du Royaume de Sapin et de Darv.
    Une des raisons qui a poussé mon père à faire ce voyage maintenant était que les membres de son ancienne équipe étaient venus faire un tour et étaient en train de se diriger vers la ville de Xyrus. Partir tout de suite avec eux voulait dire que nous avions trois utilisateurs de renforcement et deux invocateurs en plus de ma mère qui était une Guérisseuse rare et de mon père, un utilisateur de renforcement de classe B. Même s’il n’y avait aucun monstre de mana dans les montagnes, la présence potentielle de bandits et d’animaux sauvages n’était pas à ignorer.
    Pendant que mes parents s’occupaient de prendre le nécessaire, j’ai emporté mon épée en bois et deux livres (L’Encyclopédie de Dicathen et Les Bases de la Manipulation de Mana) pour le voyage.
    En milieu de matinée, nous étions prêts à partir.
    Après avoir balancé mon sac à dos qui contenait mes livres et quelques snacks sur mon dos et avoir attaché mon épée en bois à ma taille, j’ai attrapé la main de ma mère et j’ai suivi mes parents pour aller rencontrer les membres de leur ancienne équipe.
    Bien que mon père m’avait déjà parlé d’eux quelques fois, c’était la première fois que je les rencontrais, comme je n’étais pas allé chez moi pendant qu’ils construisaient notre maison.
    Les informations que j’avais retenues de mon père sur les membres des Twin Horns étaient comme suit :
    Helen Shard : utilisatrice de renforcement spécialisée au tir à l’arc magique.
    Adam Krensh : utilisateur de renforcement dont l’arme principale était la lance.
    Jasmine Flamesworth : utilisatrice de renforcement spécialisée en vitesse et possédant des dagues doubles.
    Angela Rose : invocatrice spécialisée en Magie Aérienne.
    Durden Walker : invocateur spécialisé en Magie Terrestre.
    Nous sommes arrivés à l’auberge dans laquelle ils hébergeaient à Ashber et les avons vus devant, près des écuries.
    Mon père, après avoir étreint ses anciens coéquipiers, s’est exclamé : « Les gars, je veux vous présenter mon fils, Arthur ! Allez, Arthur, présente-toi. »
    Je me suis très légèrement incliné en les regardant et je me suis présenté.
    “Bonjour. Mon père m’a beaucoup parlé de ses coéquipiers des Twin Horns. Merci d’avoir accepté de voyager avec nous jusqu’à Xyrus. Nous comptons sur vous.”
    “HAHAHA, c’est quoi, ça ? De telles manières ! Tu es sûr que c’est ton fils, Rey ?”
    Celui qui avait parlé était le détenteur de la lance, Adam. En le regardant de plus près, il avait l’air d’être du genre énergétique et sociable. Il était assez séduisant. Ses cheveux rouge vif étaient ramenés en arrière et attachés de manière désordonnée, les mèches qui partaient dans tous les sens semblables à des flammes, et donnait un air de vagabond. Ses yeux étaient éclatants et il avait toujours l’air de rigoler. Cependant, la première chose que j’ai remarqué a été la cicatrice qui lui barrait le nez et qui allait d’une de ses pommettes à l’autre.
    J’ai ensuite senti qu’on me soulevait.
    “Awww… N’est-il pas trop mignon ? Tu devrais être content qu’il ne te ressemble pas, Reynolds.”
    Avant que je ne m’étouffe dans un piège mortel à mémoire de forme qui était plus communément appelés des énormes seins, j’y ai écarté ma tête pour mieux regarder la femme qui avait voulu ma mort. Wow, elle était magnifique. Enfin, pas autant que ma mère, mais elle dégageait une aura de « princesse royale » avec ses longs cheveux blonds ondulés et ses yeux verts pétillants qui tombaient légèrement.
    Pile au moment où mes mains allaient abandonner et que mon visage se perde entre les deux collines abyssales devant moi, une puissante paire de mains m’a attrapé par mon sac à dos, m’arrachant des bras de la femme plantureuse.
    “Angela, tu lui fais mal.”, a dit d’une voix grave et grondante.
    Et je pendouillais comme un chaton transporté par sa mère par la peau de la nuque, incapable de bouger.
    Mes yeux se sont alors fixés sur un géant.
    Dépassant largement les deux mètres de haut, le géant m’a doucement ramené à la terre ferme et m’a dépoussiéré mes vêtements minutieusement.
    Comme il était distingué.
    Je me suis imaginé monter sur ses épaules comme un grand-puissant sur sa monture. J’ai levé la tête pour le regarder, mes yeux devenant plus gros pendant que je réfléchissais.
    Il avait de très petits yeux et des sourcils tombants, lui donnant presque un visage innocent comparé à son énorme corps de plus de deux mètres. Ses courts cheveux noirs débraillés sur sa tête complétaient l’image de caniche qu’il renvoyait.
    Époussetant mes vêtements, j’ai tourné la tête vers la femme qui avait l’air un peu plus jeune que les autres. Ses cheveux noirs droits qui étaient à moitié noués à l’arrière avec un ruban assorti à ses yeux rouges à demi ouverts et ses fines lèvres la rendaient très froide.
    “Mhm.”, a-t-elle acquiescé avant de se retourner.
    Ah… Une femme peu bavarde. Comme c’est charmant.
    Mes yeux se sont fixés sur elle pendant qu’elle s’éloignait de la table, et j’ai aperçu deux petites dagues attachées dans le bas de son dos, juste en-dessus des hanches.
    Le dernier membre des Twin Horns était Helen Shard. Elle m’a joyeusement caressé la tête et m’a fait un sourire chaleureux. Le mot que j’aurais utilisé pour décrire Miss Helen aurait été perçante. Des yeux perçants, un nez espiègle, de fines lèvres rouges et une poitrine plate, ressemblant presque à un garçon avec ses cheveux mi-longs attachés en un chignon serré. Je ne pouvais pas m’empêcher d’être charmé par son aura charismatique. Elle avait l’air de dégager ce sentiment de ‘tant qu’on le veut, on peut’ de tout son corps et cela la faisait scintiller à mes yeux. Habillée d’une armure en cuir légère qui recouvrait son tors- enfin… sa poitrine, avec son arc et son carquois attaché sur son dos, je n’arrivais pas à me sortir de la tête que c’était peut-être une elfe, mais j’ai vite abandonné l’idée en voyant ses oreilles rondes.
    Je suis monté à bord de la calèche en renforçant un peu mes jambes avec du mana. Je m’étais habitué à utiliser mon mana pour renforcer mon corps. Je n’avais pas encore testé tout ce dont j’étais capable par peur que mes parents fassent une crise cardiaque si je m’améliorais trop vite, mais diriger mon mana de mon noyau jusqu’aux canaux était devenu un peu plus naturel.
    Après que notre équipe ait fini de charger toutes nos affaires dans les deux calèches que nous allions prendre, nous les avons attachées à ce que je croyais être des chevaux. Mais en fait, ce monde avait réussi à domestiquer des monstres de mana appelés Skitters pour le transport. Ces lézards géants avec des piques sur leur dos et des griffes acérées étaient des monstres de classe D qui étaient plus rapides que les chevaux pour voyager sur des chemins montagneux, bien qu’ils coûtent plus cher.
    Que le voyage commence !
    ——————————————————-

    À la nuit tombée, la chaîne de montagnes qui avait l’air si lointaine au départ semblait avoir doublé de taille. Je me demande à quel point la chaîne des Grandes Montagnes sera grande quand nous aurons atteint le pied des montagnes. Nul besoin de dire que j’étais excité de sortir de ce petit avant-poste qu’était ma ville natale, Ashber.
    Nous nous sommes finalement arrêtés pour camper près d’un amoncellement de rochers. C’était un bon endroit car les pierres bloquaient quasiment tout le vent et il y avait beaucoup de branches d’arbre au sol pour nous permettre de faire un feu de camp.
    La seule chose que je détestais de mon corps était la quantité de sommeil dont j’avais besoin. En plus d’avoir été endormi presque tout le long du trajet, je sentais mes paupières lourdes de sommeil après être resté éveillé pendant à peine quelques heures.
    Après avoir monté les tentes autour du feu, mon père et ma mère ont commencé à discuter avec les Twin Horns à propos du bon vieux temps, et Helen s’est assise à côté de moi et m’a dit nonchalamment : “Ton vieux m’a dit que tu es un genre de mage de génie… C’est vrai que tu t’es déjà éveillé ?”
    Ne sachant pas quoi répondre, je lui ai juste dit la vérité.
    Elle a alors commencé à me demander ce que j’avais ressenti en m’éveillant et de quelle couleur était actuellement mon noyau de mana. Pendant ce temps, quelques oreilles curieuses avaient commencé à nous écouter et Adam a demandé : “Dis, Reynolds, ça te dérange si je teste le petit Art ?”
    Si j’avais pu intervenir, j’aurais sûrement dit quelque chose du genre de ‘jouer à se battre avec quelqu’un de mon âge n’est pas une bonne idée, parce que les plus grands succès qu’un enfant ordinaire d’un tel âge pourrait faire serait de monter et descendre les escaliers en alternant les pieds, marcher en cercle, et si sa coordination est vraiment bonne, de se tenir sur un pied pendant quelques secondes’, mais j’imagine que personne n’avait pensé à ça à ce moment-là.
    Mes deux parents ont semblé hésiter au début, mais, faisant confiance à son ancien camarade, mon père a juste répondu : “Très bien, mais fais attention. Je n’ai pas encore pu lui apprendre comment se battre correctement. Nous n’avons fait que des petits exercices de muscu et de mana, pour l’instant.”
    Adam s’est levé de son siège de fortune qui était une bûche et a scruté tout autour de lui jusqu’à trouver un bâton court qui avait l’air de lui avoir plu.
    “Viens par-là, gamin. Voyons voir de quoi tu es capable !”

  • the beginning after the end chapitre 4

    Point de vue de REYNOLDS LEYWIN

    Mon petit garçon !
    Je suis si heureux d’avoir eu un fils. Je me demande quand les bébés peuvent commencer à s’entraîner… À quel âge avais-je commencé, quand j’étais petit ? Oh, là là , j’ai trop hâte d’apprendre tout ce qui concerne la magie à mon petit garçon ! J’espère qu’il deviendra un utilisateur de renforcement comme son vieux papa. Je connais les bases de l’invocation, mais je ne peux pas le pratiquer sauf pour des exercices de mental.

    Alice, au contraire, est une des personnes les plus talentueuses que je n’ai jamais vues. Même en tant que Guérisseuse, elle est exceptionnelle. À l’époque, après qu’elle ait accepté de sortir avec moi, elle a rejoint mon équipe et nous sommes partis en mission ensemble.

    Ses pouvoirs régénérateurs étaient incroyables en eux-mêmes, mais ce qui m’a le plus émerveillé a été son sort d’effet de zone qui a soigné tous nos alliés se trouvant à l’intérieur. Quelle personne unique en son genre ! Et je suis son mari ! Je ne me lasserai jamais de dire ça.

    Autrefois, avant de nous installer, nous allions souvent dans la Clairière des
    Bêtes pour chasser les bêtes de mana. Ces bêtes étaient des animaux uniques,
    des créatures nées avec la capacité d’absorber le mana dans leur corps et de
    créer leurs propres noyaux de mana, que nous appelions noyaux de bête.
    Les noyaux de bête ont des utilisations illimitées, ce qui les rend très
    recherchés. Bien sûr, plus la classe du noyau de bête est élevée, plus il a de la
    valeur. Les classifications des bêtes de mana allaient de la classe E, comme le
    taureau à crocs domestiqué utilisé pour la viande et le cuir, aux monstres de
    classe SS.
    Je ne savais pas grand-chose de ces derniers – je n’en avais jamais vu
    et je ne connaissais personne qui en avait vu – mais je croyais en leur existence.

    En règle générale, une bête de mana est toujours supposée être plus forte qu’un
    humain de la même classe.
    C’est simplement parce que, même sans tenir
    compte du mana, le corps physique d’une bête est beaucoup plus fort que celui
    d’un humain.

    Bien que la Clairière des Bêtes soit dangereuse, si vous êtes prudent et ne vous
    perdez pas, il est assez facile d’éviter les problèmes. Les bêtes les plus fortes se
    trouvent généralement dans des grottes souterraines ressemblant à des donjons
    ou plus loin.
    Les premiers kilomètres de la Clairière des Bêtes sont assez bien
    cartographiés, et tant que vous êtes au moins un aventurier de classe C, vous
    pouvez affronter les créatures qui s’y trouvent.

    De temps en temps, la guilde postait des missions nécessitant plusieurs
    groupes d’aventuriers, généralement pour défricher et cartographier les
    donjons les plus difficiles qui n’avaient pas encore été entièrement explorés. Si
    une bête de mana était assez forte pour créer son propre repaire et se faire
    servir par d’autres bêtes de mana, alors vous pouviez parier qu’il y aurait des
    trésors à gagner.

    J’avais parlé à mon fils Art de tout ce qui existait dans ce monde. Je lui avais parlé de tout et de n’importe quoi pour pouvoir l’endoctri-… Non, je veux dire… pour l’aider à gagner un minimum d’expérience pour le jour où il deviendrait un aventurier.

    Je ne sais pas ce que je ferais si mon petit Art ne s’éveillait jamais. Oh, mon Dieu, peu importe le temps que ça prend, s’il peut s’entraîner pour devenir un mage, je serai un père fier et heureux.
    C’était assez simple de dire quel genre de mage une personne deviendrait, une fois qu’elle s’était éveillée. Les utilisateurs de renforcement, les invocateurs et les déviants formaient tous une barrière translucide à ce moment-là, mais le mana se comportait différemment selon leur catégorie.
    Les utilisateurs de Renforcement dégageaient une sorte de force répulsive quand la barrière se formait, ce qui signifiait que les canaux de mana étaient dominants dans leur corps. Les Invocateurs, en revanche, aspiraient le mana autour d’eux, signifiant ainsi que leurs veines de mana étaient dominantes. Bien entendu, la puissance de la répulsion ou de l’aspiration dépendait de leur talent dans leur catégorie respective.
    Ce n’est pas pour me vanter, mais à mon Éveil, à l’âge de douze ans, d’ailleurs, j’étais en train de dormir et la force répulsive m’a fait léviter pendant bien quelques minutes ! N’est-ce pas incroyable d’avoir assez de force pour soulever un corps humain ?
    Si seulement ça n’était jamais arrivé… Je suis sûr que nous ne nous serions pas installés si tôt…
    Bref, dès qu’il se sera éveillé, je compte l’entraîner. Et s’il ne finit pas par être un invocateur, je pense lui trouver un tuteur à la capitale, comme ni Alice ni moi ne sommes assez compétents pour lui enseigner ça…
    C’est ce que je disais mais…
    *BOUM !*
    Trois-quarts de la maison venait juste de disparaître…
    Que s’était-il passé ?
    Heureusement, j’étais allé dans le jardin avec Alice après avoir fini de manger mais… Art… Mon petit Art était encore dans la maison…
    “ARTHUR !”
    Le visage d’Alice avait perdu toute couleur et je le voyais se décomposer, les yeux remplis d’incrédulité et d’inquiétude. Je l’avais poussée au sol en la recouvrant d’un bouclier temporaire qui durerait encore quelques minutes.
    J’ai foncé dans la direction où l’explosion avait eu lieu, recouvrant mon corps d’une couche de mana pour me protéger. Les débris, fumant encore, étaient éparpillés partout sur mon chemin alors que j’atteignais la source de l’explosion. Après m’être frayé un passage entre les restes de ce qu’était autrefois ma maison, je l’ai vu.
    Une fine barrière translucide à peine visible scintillait autour de mon fils. Mieux que ça, la répulsion qu’a causé son Éveil était ce qui avait provoqué cette explosion. Il flottait au centre d’un cratère qui avait soufflé les trois-quarts de notre maison en plus de notre jardin.
    Haha…
    Mes jambes m’ont lâché et je suis tombé à genoux, ma mâchoire décrochée. Mon fils qui allait bientôt avoir trois ans s’était éveillé. À trois ans…
    Je ne savais pas si je devais rire ou pleurer.
    “Reynolds ! Chéri !”
    J’ai tourné la tête pour regarder ma femme arriver, toujours sous le choc. Elle s’était difficilement frayée un chemin parmi les ruines de la maison au moment où il n’y avait plus aucun risque.
    Elle est arrivée à mon niveau en se couvrant le visage avec ses bras pour se protéger comme elle pouvait de la forte force de répulsion qui émanait toujours d’Art.
    “Reynolds ! Que s’est-il passé ? Où est Art ?”
    Étant toujours incapable de sortir un son de ma bouche, j’ai simplement pointé un doigt tremblant en direction de notre fils.

    Alice, toujours confuse, a regardé dans la direction que je montrais et tout ce qu’elle a pu chuchoter à cet instant-là a été “Oh, mon…”

    Point de Vue d’Arthur Leywin :
    Wow, je me sentais si bien !
    M’éveiller m’ayant fait du bien, j’ai fermé les yeux pour sentir mon noyau de mana fraîchement formé. Mon petit noyau de mana adoré !
    “ART ! OH MON BÉBÉ ! Tu vas bien ?”
    J’ai aperçu ma mère courir vers moi alors mon père était à genoux sur le sol.
    Qu’avait-il fait pour être ainsi puni par Maman, encore ?
    Ma mère m’a soulevé pour me prendre dans ses bras si fort que mes côtes à peine développées ont failli se briser.

    J’ai réussi avec peine à articuler un petit « Maman, pas pleurer. Quoi mal ? »
    Elle n’a rien répondu et a continué à sangloter en m’écrasant. Mon père est ensuite arrivé à côté d’elle en lui caressant le dos et m’a tapoté la tête, me redonnant un faible sourire.
    Après un bref moment de confusion, j’ai décollé ma tête de la poitrine de ma mère et j’ai regardé autour de moi pour me rendre compte que nous nous tenions au milieu d’un cratère géant qui se trouvait à l’endroit où notre maison était normalement.
    C’est quoi ce bordel ?
    Qui a fait ça ? Qui a eu l’audace de détruire la demeure d’un Roi ?! Les coupables regretteront amèrement ce jour ! Je les chasserai nuit et jour et ne leur laisserai aucun repos jusqu’à ce que…
    « Félicitations, Art, mon chou. Tu t’es éveillé, champion !”
    “…”
    “…”
    C’est moi qui ai fait ça ?
    Dans mon ancien monde, un phénomène similaire se produisait quand un jeune s’éveillait. Une fine barrière apparaissait autour de la personne et une petite force de répulsion enveloppait la barrière. J’en ai donc déduit que la force répulsive de ce monde était beaucoup plus puissante que sur Terre à cause du mana présent dans l’atmosphère.
    En tant que Roi respectable, j’ai donc décidé de m’excuser pour cette… euh… situation.
    “Je suis désolé, Maman, Papa. J’ai des problèmes ?”
    “Haha… Non, Art chéri, tu ne vas pas avoir de problèmes. Nous étions juste inquiets pour toi. Je suis contente que tu ailles bien.” Ma mère a tenté un petit rire malgré ses larmes aux yeux.
    Mon idiot de père, en revanche, était bien plus excité.
    “Mon garçon est un génie ! S’éveiller à l’âge de trois ans, même pas ! C’est sans précédent ! Je pensais avoir été précoce, mais la vache !”
    Cependant, cette image d’une famille heureuse et parfaite a vite disparu quand un voisin a débarqué en criant « Mon Dieu, que s’est-il passé ?!”
    “Ahaha, nous ferions mieux de nettoyer tout ce bazar. », a dit mon père en souriant et en se grattant l’arrière de la tête.
    ——————————————–

    Quelques semaines ont passé depuis lors. Nous avions décidé de garder mon Éveil secret pour le moment. Mon père est entré en contact avec quelques-uns des aventuriers qui faisaient partie de son équipe pour nous aider à reconstruire notre maison pendant que nous habitions dans une auberge pas loin. Avec les invocateurs qui soulevaient la terre pour faire les fondations et les utilisateurs de renforcement qui faisaient le plus gros du travail, la maison a vite été réparée. Que la magie est belle ! Étonnamment, personne n’avait eu l’air de se demander pourquoi notre maison avait fini dans un tel état.

    Ça semblait vouloir en dire beaucoup sur mon idiot de père.
    Pendant que la maison se reconstruisait, il y a eu mon anniversaire (le 29 mai). Mes parents m’avaient réveillé ce jour-là avec un cadeau et qui semblait être une miche de… pain (?) dans leurs mains.

    Ahhh ! C’était un gâteau ! … Je l’aurais remarqué plus tôt si ce n’était pas noir.
    En ouvrant mon cadeau, j’ai trouvé une épée en bois joliment sculptée, et j’ai fait un câlin à mes parents pour les remercier du cadeau et du gâteau.

    Cela m’avait d’ailleurs surpris car mes parents n’avaient pas fêté mes deux autres anniversaires, donc j’avais supposé que ce monde ne fêtait pas ce genre de chose. J’ai cependant découvert plus tard que les anniversaires n’étaient célébrés qu’à partir des trois ans à cause d’une ancienne tradition car à l’époque, les bébés étaient plus susceptibles de mourir avant l’âge de trois ans. Comme c’était médiéval.

    J’ai aussi remarqué une autre chose intéressante. Les enfants et les adolescents travaillaient dans leurs fermes familiales et apprenaient le métier de forgerons. Cela m’a fait réaliser qu’il n’existait pas de système d’éducation structuré et obligatoire. L’éducation rudimentaire était faite par les familles respectives (souvent juste les bases telles que la lecture et l’écriture).

    Dès que j’ai eu trois ans, ma mère a commencé à me donner des cours sur une période donnée et m’apprenait à lire et à écrire. J’ai joué le rôle d’un enfant modèle et j’ai fait semblant d’apprendre vite, à son plus grand bonheur, pour que je puisse lire des livres à la bibliothèque sans éveiller les soupçons.

    Ces dernières semaines sont passées en un éclair. Après mon Éveil, mon père m’a appris les bases de la manipulation de mana et a commencé à m’entraîner du mieux qu’il pouvait. Il essayait de simplifier autant que possible ses explications pour que le bambin que je suis puisse le comprendre, j’imagine, mais je ne pense pas que j’aurais pu comprendre quelque chose sans mes capacités de compréhension d’un adulte.

    Les bases étaient comme suit :
    Un moyen rapide de connaître notre force résidait dans notre noyau de mana. Pour commencer, le noyau de mana était noir à cause de notre sang et d’autres impuretés qui se sont mélangés aux particules de mana qui avaient formés le noyau. Plus le mana contenu dans le corps d’une personne devenait pur et les impuretés se faisaient filtrer, et plus le noir devenait rouge. De là, la couleur du noyau de mana devenait de plus en plus claire ; du rouge foncé, il devenait rouge vif, puis rouge clair.
    L’ordre était ainsi : noir, rouge, orange, jaune, argent, et finalement blanc.
    Du noyau de mana rouge à celui jaune, les couleurs se séparaient en trois teintes (par exemple : orange foncé, orange uni, orange clair). Généralement, plus la couleur du noyau de mana était claire, plus le noyau était pur et puissant.

    Les cours de mon père s’étaient avérés utiles, mais je commençais à être impatient au train où ça allait. J’ai donc demandé à ma mère quelques jours plus tard : “Maman, je peux avoir des livres sur la magie ?”
    Comme ma mère avait encore quelques contacts dans le bâtiment de la Guilde (ou la Guilde des Aventuriers), elle a réussi à obtenir une assez vaste collection de livres sur la manipulation de base du mana et sur les différentes formes de combat avec des armes. Certains d’entre eux étaient de simples livres d’images avec deux ou trois textes explicatifs qui montraient comment le mana était condensé, mais je les ai mis de côté. Ma mère m’a jeté un regard bizarre parce que les livres que j’étais en train de regarder étaient d’un niveau au-dessus. Elle a supposé que je ne pouvais pas être capable de comprendre la plupart des mots présents et a essayé de m’inciter à lire des livres plus simples en me disant que ce serait plus facile pour moi, mais elle a finalement abandonné l’idée.

    Ma journée type était d’avoir des cours de lecture et d’écriture de ma mère et des exercices de renforcement avec mon père. Après avoir passé en revue la théorie de base et l’application du renforcement, nous avons commencé l’entraînement physique. Comme mon corps était encore trop petit pour le combat, nous avons décidé de faire de la course et des exercices de musculation du corps. Je pense que voir mon petit corps de trois ans essayer de faire une pompe doit être une chose vraiment hilarante, mais mon père a bien réussi à me mettre en confiance en m’empêchant de rigoler.

    Durant mon temps libre, je m’enferme généralement dans la nouvelle bibliothèque qui a été agrandie et je lisais et méditais pour condenser et purifier mon noyau de mana.
    C’était ainsi que plusieurs années se sont écoulées sans que rien de particulier ne se passe. Et un soir, mon père a fait une remarque à ma mère pendant que nous mangions.
    “Chérie, je pense qu’il est temps de trouver un mentor approprié à Art.”

  • the beginning after the end chapitre 3

    Point de vue D’Alice Leywin
    Arthur était le plus adorable des bébés. Certaines mères sont folles de leur
    bébé, même s’il est moche, mais ce n’était pas mon cas.

    Arthur avait une petite touffe de cheveux auburn, des yeux espiègles qui
    semblaient rayonner d’une lumière bleutée, et son regard était parfois
    presque… intelligent. Mais je n’étais pas éprise. J’avais prévu d’être une mère
    stricte et juste. Je savais que je ne pouvais pas compter sur mon mari pour
    apprendre le bon sens au petit Art. Pour l’amour de Dieu, il avait essayé
    d’apprendre à mon bébé à se battre alors qu’il savait à peine ramper.

    Je savais que le petit coquin deviendrait comme son père si je le laissais faire.
    Quand il a commencé à ramper, j’étais si fière que j’étais au bord des larmes,
    mais je ne savais pas à quel point il serait difficile à gérer quand il deviendrait
    plus mobile.

    Je ne pouvais pas le quitter des yeux un seul instant sans qu’il ne se glisse dans
    le bureau. C’était très étrange. Nous nous assurions de lui acheter beaucoup de
    peluches et de jouets en bois pour jouer, mais il finissait toujours par aller dans
    cette pièce. En cela, au moins, il était tout le contraire de son père, Reynolds
    fuyait les textes plus longs que le journal hebdomadaire.
    Mon fils semblait s’intéresser à beaucoup de choses. Je ne me lassais pas de
    voir sa tête, si disproportionnée par rapport à son petit corps, tourner à gauche
    et à droite en essayant de comprendre tout ce qui l’entourait.
    Voyant à quel point Art était excité lorsque nous sortions en ville, j’ai commencé à faire les
    courses un jour sur deux au lieu de deux par semaine.
    Non, je n’étais pas éprise de lui. C’était juste pour son éducation concernant le
    monde extérieur et pour avoir de la nourriture fraîche à la maison. Rien de
    plus.

    Il était particulièrement intrigué par la pratique de son père. Reynolds avait été
    un aventurier compétent à l’époque, il avait été un aventurier de rang B à l’âge
    de vingt-huit ans, ce qui était une ascension plutôt rapide.
    Pour éviter d’envoyer des adolescents enthousiastes mais ignorants à la mort, la Guilde
    des Aventuriers, où je travaillais comme médecin stagiaire, exigeait des
    candidats qu’ils passent un test avant d’acquérir leur grade de rang E, le plus
    bas.
    Quant aux rangs supérieurs, je n’avais vu que quelques aventuriers de
    rang A au cours de mes années de travail là-bas, et je n’avais jamais vu
    d’aventurier de rang S, bien que je suppose qu’ils existent.
    En travaillant à la Guilde des Aventuriers ou ce que nous appelions
    simplement le Hall de la Guilde à l’époque à Valden, j’ai vu trop d’adolescents impatients. Une fois, j’ai été chargé de surveiller un examen pratique de base, où le candidat devait simplement démontrer ses compétences fondamentales en matière de manipulation de mana, mais avant même que le test ne commence, le gamin est tombé directement sur le dos parce que l’épée qu’il portait était trop lourde pour lui! Au moins, ils étaient ambitieux, mais j’ai toujours été surprise qu’ils ne se soient pas laissés emporter par leur ego
    surdimensionné.

    Reynolds avait l’air d’un simple écervelé à l’époque. Dès qu’il m’a vu dans le
    hall de la Guilde, sa mâchoire s’est littéralement décrochée. Il est resté planté
    là jusqu’à ce que le type qui faisait la queue derrière lui lui donne un coup de
    coude pour qu’il se dépêche, puis il a réussi à marmonner : « Sa…Salut… je
    peux échanger 1…le matériel contre une mission ? ». J’ai rigolé pendant qu’il
    devenait rouge d’embarras.

    Il a finalement réussi à rassembler son courage pour m’inviter à dîner, et nous
    avons sympathisé à partir de là. Même après cinq ans de vie commune, je
    souriais toujours quand je voyais ses yeux bleus de chiot qui me regardaient.
    Art a hérité des meilleurs traits de chacun de nous, ce qui le rend encore plus
    adorable. Vous auriez dû le voir quand je changeais ses couches. Pour une
    raison quelconque, ses joues devenaient rouges à chaque fois et il se couvrait
    le visage avec ses petits doigts. Je ne pensais pas que les bébés de cet âge
    pouvaient être gênés, mais c’est ce qu’il semblait.

    Mais l’un des meilleurs moments a été quand il a dit son premier mot :
    ‘maman’.
    Il a dit ‘maman’ en premier !
    Je lui ai dit de le répéter encore et encore, juste pour être sûr que je n’avais pas
    mal entendu, et Reynolds a boudé toute la journée parce que Art avait dit
    ‘maman’ avant ‘papa’.

    J’ai pris un air sévère et réprimandé Reynolds pour avoir été si enfantin, mais
    je savourais secrètement le fait d’avoir gagné.
    J’étais si heureuse durant ces mois, avec mon fils près de moi où que j’aille.
    Ensemble, nous regardions souvent par la fenêtre son père s’entraîner après le
    dîner.
    J’étais heureux que Reynolds ait renoncé à devenir un aventurier et ait
    accepté le poste de garde municipal à la place. Le métier d’aventurier aurait pu
    rapporter plus d’argent, mais ne pas savoir quand ou si mon mari rentrerait à la
    maison ne valait pas un sou de plus. Surtout après ce qui s’était passé lors de
    notre dernière quête ensemble.

    Le petit Art n’a jamais été malade, mais je le trouvais souvent assis, immobile,
    les yeux fermés. Au début, j’ai pensé qu’il avait peut-être du mal à faire ses
    besoins, mais cela ne semblait pas être le cas. C’était étrange, et je ne savais
    pas quoi en penser. Je pensais que les bébés de cet âge étaient censés être
    énergiques et instables, mais il semblait dépenser la plus grande partie de son
    énergie à se réfugier dans le bureau, pour ensuite s’asseoir là, parfaitement
    immobile, presque comme s’il méditait.

    Je m’inquiétais au début, mais bien que cela se produise plusieurs fois par jour,
    cela ne durait que quelques minutes, et Art semblait toujours étrangement
    heureux après. La façon dont il levait les bras et me regardait me donnait envie
    de le dévorer.
    Ahem. Mais je n’étais pas éprise.

    Point de vue d’Arthur
    Deux ans s’étaient écoulés depuis que j’avais fait mon premier voyage difficile
    vers le bureau.

    Depuis lors, je n’ai cessé de rassembler les petits bouts de mana disséminés
    dans mon corps et de les concentrer, pour tenter de former un noyau de mana.
    C’était une tâche lente et ardue. Il m’aurait été plus facile d’apprendre à
    marcher sur les mains et à manger avec mes pieds dans ce maudit corps que
    d’essayer de faire en sorte que mon noyau de mana se condense.
    J’ai compris pourquoi le livre disait qu’il fallait attendre l’adolescence pour
    qu’une personne ‘s’éveille’. Si j’avais laissé les particules de mana dans mon
    corps se déplacer d’elles-mêmes, il aurait fallu au moins une décennie pour
    qu’elles gravitent suffisamment les unes vers les autres pour former quelque
    chose qui ressemble de près ou de loin à un noyau de mana.

    Au lieu de cela, avoir la capacité mentale d’un adulte signifiait que j’avais la
    capacité cognitive de vouloir consciemment que mes particules de mana
    s’assemblent. C’était quelque chose que j’avais fait à l’école dans ma vie
    antérieure, où on vous apprenait dès l’enfance à contrôler le ki. La clé était
    d’être capable de sentir le ki – ou mana, désormais – dans votre propre corps et
    de rassembler les particules vers le plexus solaire. Si on les laissait tranquilles,
    elles finissaient par flotter lentement les unes vers les autres, comme le duvet
    d’oie qui dérive vers le fond d’un sac ouvert, mais j’avais décidé de saisir les
    plumes et de les pousser dans le sac, au sens figuré, au lieu d’attendre qu’elles
    descendent toutes seules.

    Mon rituel quotidien consistait à essayer de dépenser le plus possible de mon
    énergie limitée à rassembler mon mana, sans éveiller les soupçons de ma mère
    et de mon père. Mon père semblait penser que le fait d’être jeté en l’air serait
    assez agréable pour un enfant. Bien que je comprenne que l’effet d’adrénaline
    puisse exciter certaines personnes, lorsqu’il a utilisé le mana pour renforcer ses
    bras et me jeter en l’air comme un projectile à grande vitesse, les seules
    sensations que j’ai ressenties ont été la nausée et une peur traumatisante des
    hauteurs.

    Heureusement, ma mère avait la mainmise sur mon père, mais elle me faisait
    peur aussi parfois. Je la surprenais souvent à me fixer, presque à baver, me
    regardant comme si j’étais une sorte de viande de première qualité.
    J’ai essayé d’adapter mon comportement à mon corps en ne faisant que des
    phrases très simples, en parlant juste assez pour faire passer le message, sans
    aucune grammaire.

    La première fois que j’ai dit « maman » pour lui faire comprendre que je voulais
    plus de nourriture, elle a presque fondu en larmes de joie. Cela faisait
    longtemps que je n’avais pas reçu ce genre d’affection maternelle.

    Mon entraînement était lent et éprouvant, mais j’avais une longueur d’avance
    sur les autres, alors je ne me plaignais pas. Les deux dernières années n’avaient
    pas été perdues, car j’avais finalement rassemblé tout mon mana dans mon
    plexus solaire et j’étais en train de condenser un noyau de mana quand…
    *BOOM*

  • the beginning after the end chapitre 2

    J’étais un Roi. Dans mon ancienne vie, j’aurais pu avoir l’armée de mon pays
    rassemblée et agenouillée à mes pieds en un claquement de doigt. J’avais
    vaincu des concurrents d’autres pays ainsi que mon propre peuple pour régler
    des différends et maintenir ma position. En termes de maniement de l’épée et
    de contrôle du ki, je n’avais rien à envier aux autres, car dans mon monde
    précédent, la force personnelle était essentielle pour être un souverain.
    Pourtant, je ne pouvais pas penser à un moment de mes deux vies où j’avais
    été plus fier que je ne l’étais maintenant.

    Je pouvais enfin marcher à quatre pattes !
    Jusqu’à présent, bien que j’eusse soif de connaissances sur ce nouveau monde,
    j’avais dû me contenter des histoires que ma mère me racontait pour
    m’endormir, et je grommelais souvent en me plaignant quand elle s’arrêtait
    trop tôt. Mon père m’asseyait parfois sur ses genoux tout en me parlant de ses
    exploits passés, ce qui me donnait quelques indices sur le genre de monde
    dans lequel je vivais et sur ce qu’il contenait.

    D’après ce que j’avais appris jusqu’à présent, ce monde semblait être un monde
    assez simple, rempli de magie et de guerriers, où le pouvoir et la richesse
    déterminaient le rang d’une personne
    dans la société.
    En ce sens, il n’était pas très différent de mon ancien monde, à l’exception du manque de technologie et de la légère différence entre la magie de ce monde et le ki, ou force vitale, de mon ancien monde.

    Mon père, Reynolds Leywin, était un ancien aventurier – ce qui était
    apparemment une profession viable dans ce monde – et avait beaucoup
    d’expérience dans son domaine. Il avait pris part à plusieurs expéditions pour
    chercher des trésors et remplir des missions que lui et son équipe avaient
    reçues de la Guilde des Aventuriers. Il avait fini par s’installer lorsqu’il avait
    rencontré ma mère à la frontière du royaume, dans une ville appelée Valden. Il
    m’a fièrement raconté que ma mère, Alice, était tombée amoureuse de lui au
    premier regard lorsqu’il avait visité le Hall de la Guilde des Aventuriers de la
    ville, où elle travaillait, mais je soupçonnais que c’était exactement le
    contraire, vu la façon dont ma mère l’a giflé derrière la tête et lui a dit d’arrêter
    de me mentir.

    J’avais appris mon nom complet à présent : Arthur Leywin… Arthur, comme
    mon arrière-grand-père, du temps où la maison Leywin était beaucoup plus
    puissante. Mes parents m’appelaient Art ; en tant qu’ancien roi, je trouvais que
    cela faisait un peu trop mignon, mais après m’être aperçu un jour dans la tôle
    qui leur servait de miroir, je devais admettre que mes traits physiques feraient
    que n’importe qui me trouverait « mignon ». J’avais les cheveux auburn de ma
    mère, tandis que mes yeux étaient d’un azur brillant, héritée de mon père. Je ne
    pouvais pas savoir comment les traits de mon visage allaient évoluer en
    grandissant, mais tant que je restais en bonne condition physique, ça devrait
    aller.

    J’avais passé des semaines à essayer de ramper, mais je n’avais réussi qu’à me
    débattre sur place sans coordination. Quand j’ai enfin réussi, je me suis faufilé
    dans la bibliothèque familiale pendant que ma mère étendait le linge pour le
    faire sécher. Quand elle a remarqué mon absence, il ne lui a fallu que quelques
    minutes pour me retrouver. Mais cela n’aurait rien changé même si j’avais
    passé des heures dans la pièce, car dès que j’ai ouvert un livre, je me suis
    rendu compte que même si je comprenais la langue parlée, je ne savais pas lire.
    Je me sentais aussi frustré que ma mère, essoufflée, lorsqu’elle me grondait
    avec un soupir, en disant : « Je te jure, tu vas être aussi difficile à vivre que ton
    père. »

    À la fin de la semaine, j’avais appris suffisamment de mots en lisant les
    histoires que ma mère me racontait tous les soirs pour étudier moi-même à la
    bibliothèque. Au bout de quelques semaines, ma mère avait pris l’habitude de
    me trouver terré dans un coin de la bibliothèque, entouré de livres. Je ne sais
    pas si elle se méfiait, mais elle me laissait rester là tant qu’elle était à proximité
    et que la porte était ouverte.

    J’avais passé l’après-midi à terminer le cinquième volume d’une encyclopédie
    sur Dicathen, mon nouveau monde. J’ai fermé l’encyclopédie et me suis
    installé plus confortablement sur le sol. En fait, je m’allongeais sur le ventre,
    parce que ramper et s’asseoir en position verticale était vraiment fatiguant.
    En réfléchissant à ce que je venais de lire, j’ai réalisé que ce monde était plutôt
    sous-développé. D’après ce que j’ai pu en déduire, il n’y avait pas beaucoup
    d’avancées technologiques. Les seules sources de transport semblaient être des
    calèches tirées par des chevaux, dont la taille variait pour une utilisation locale
    ou terrestre, et des bateaux à voiles, pour naviguer sur les rivières.
    Les armes étaient librement autorisées et non réglementées, sauf si vous
    rendiez visite à la famille royale ou à une autre autorité de haut rang. Je n’en
    revenais toujours pas de voir des gens porter des armes en faisant leurs
    courses, comme s’il s’agissait de sacs de luxe. En ville avec ma mère, j’avais
    vu un homme portant une gigantesque hache de guerre si haute que son
    manche traînait sur le sol derrière lui lorsqu’il marchait.
    Dans ma vie précédente, sur Terre, il y avait des soldats et des gardes qui
    portaient ouvertement des armes ; cependant, ce n’était pas dans le but de tuer,
    mais plutôt de dissuader les gens de commettre des crimes. Ici, par contre,
    j’avais récemment vu un voleur dérober quelques objets dans le magasin de
    l’armurerie, puis se faire taillader le dos par un grand mercenaire chauve
    portant une arme de poing. De plus, les spectateurs sont allés jusqu’à applaudir
    le skinhead surdimensionné alors que le voleur était en train de mourir.

    Une similitude entre ce monde et mon monde précédent était le système de la
    monarchie. Le continent de Dicathen comptait plusieurs royaumes, chacun
    dirigé par un roi et sa famille. Mais contrairement à la Terre de mon époque,
    les rois étaient choisis en fonction de leur lignée, le titre étant transmis du roi à
    son fils et ainsi de suite.

    En parcourant l’encyclopédie, il ne semblait pas y avoir beaucoup
    d’informations sur les continents autres que celui où nous nous trouvions
    actuellement. Je trouvais cela un peu étrange, car il y avait des navires qui
    transportaient des marchandises et des passagers à travers le continent par voie
    fluviale, mais je supposais que la technologie maritime n’était pas encore assez
    développée pour traverser les océans.

    Une chose à laquelle il était difficile de s’habituer était l’existence de la magie
    dans ce monde. Si nous parlions de pouvoirs surhumains, bien sûr, les pays de
    la Terre comptaient sur de telles personnes, mais les possibilités de la magie
    dans ce monde semblaient être d’un autre niveau.

    Sur Terre, les pratiquants ont appris à condenser et à utiliser le ki qui existait
    de manière innée dans leur corps. À l’instar de la musculation par l’exercice, le
    fait de briser de manière répétée le centre de ki par l’épuisement du ki qu’il
    contient, suivi d’un repos, permettait au centre de ki de se renforcer et
    d’accéder à une plus grande réserve de ki, qui pouvait ensuite être canalisée
    dans tout le corps par des veines spéciales appelées méridiens, et utilisée pour
    renforcer le corps.

    Au lieu du ki, la force vitale de ce monde était appelée mana; le plus
    surprenant était qu’elle existait dans l’atmosphère. Les pratiquants, également
    connus sous le nom de mages, attiraient le mana environnant dans leur corps
    pour l’utiliser, pour finalement le condenser dans leur noyau de mana. Dans
    mon ancien monde, le ki n’existait et ne se formait qu’à l’intérieur du corps. Je
    ne saurai jamais si le ki n’a jamais existé dans l’atmosphère terrestre ou s’il a
    cessé d’exister pour une raison quelconque.
    Sur Terre, la pratique était incroyablement importante, mais la taille innée du
    centre de ki d’un utilisateur l’était encore plus, car la quantité limitée de ki que
    vous aviez dans votre corps était tout ce avec quoi vous pouviez travailler.

    Cela m’a fait me demander si la taille du noyau de mana d’une personne ne
    serait peut-être pas aussi importante ici, en raison de la quantité de mana
    disponible dans l’atmosphère. La  » tasse  » ne contiendrait peut-être pas autant
    de mana, mais elle pourrait être constamment réapprovisionnée.

    Dans mon ancien monde, même si mon centre de ki n’était pas important,
    j’avais été considéré comme un prodige pour canaliser et utiliser mon ki
    efficacement afin de compenser mes lacunes. En utilisant chaque parcelle de
    mon ki, j’étais devenu le plus fort de la division d’élite des duellistes, gagnant
    le droit de devenir roi.

    Si je pouvais appliquer les techniques d’un pratiquant de ki au mana présent à
    l’intérieur du noyau de mana et dans l’atmosphère environnante, ne pourrais-je
    pas essentiellement doubler ou même tripler la force que j’avais auparavant ?
    J’ai réussi à tirer un autre livre de l’étagère du bas – Le Guide du débutant pour
    le mage privilégié – qui a répondu à quelques questions pour moi :

    …Bien que le pouvoir de contrôler le mana soit en grande partie génétique, il
    existe de nombreux cas où les enfants de mages sont incapables de sentir le
    mana qui les entoure. Un recensement récent a montré qu’environ un enfant
    sur cent est capable de sentir le mana, mais l’étendue de cette capacité ne peut
    être testée qu’après le développement complet du noyau de mana, ce qui se
    produit entre le début de l’adolescence et la fin de l’adolescence. Le premier
    éveil d’un mage sera apparent par la répulsion initiale du mana environnant
    lorsque le noyau de mana se manifeste. Il en résulte une barrière translucide
    qui se forme pendant plusieurs minutes autour du mage éveillé…
    En feuilletant les pages, j’ai trouvé quelque chose qui a attiré mon attention.

    …Le mana peut être utilisé de différentes manières. Les deux méthodes les plus
    courantes d’utilisation du mana sont l’augmentation (amélioration du corps
    avec du mana) et la conjuration (émission de mana vers le monde extérieur) …

    …L’augmentation est plus communément vue parmi les guerriers qui utilisent
    le mana, le canalisant à travers leur corps pour l’augmenter et renforcer leurs
    attaques…

    …La conjuration est pratiquée par les mages qui, après avoir canalisé leur
    mana, peuvent lancer des sorts pour avoir un certain effet sur une zone
    environnante ou directement sur une cible…

    J’ai feuilleté quelques pages jusqu’au chapitre intitulé « Faiblesses et limites » et
    j’ai continué à lire.

    Si les augmenters peuvent posséder une force, une défense et une agilité
    incroyables, leur faiblesse réside dans leur portée limitée…

    …Les conjurers possèdent des pouvoirs insondables, ils sont capables de plier
    leur environnement à leur volonté. Cependant, de tels pouvoirs ont des limites.
    Contrairement aux augmenters, qui utilisent principalement le mana de leur
    propre noyau de mana, les conjurers doivent compléter leur propre noyau de
    mana avec du mana du monde extérieur afin d’influencer leur environnement
    sous la forme d’un sort….

    …Alors que les deux types de mages – manipulateurs de mana, pour utiliser le
    terme le plus scientifiquement exact – sont classés en fonction de la force de
    leur noyau de mana, les augmenters et les conjurers ont des moyens différents
    de mesurer leur aptitude…

    …La prouesse ou le talent d’un augmenter est mesuré par la force des canaux
    de mana dans son corps, qui mesure la vitesse et l’efficacité de la
    relocalisation du mana de son noyau dans les différentes parties de son
    corps…

    …La puissance et le talent d’un conjurer, en revanche, sont mesurés par la
    puissance de ses veines de mana, qui indique sa vitesse et son efficacité à
    absorber le mana du monde extérieur pour lancer un sort…

    Les mages (manipulateurs de mana) sont généralement répartis dans l’une
    de ces deux catégories, car essayer de maîtriser les deux dès le début prend du
    Temps et est souvent voué à l’échec. La catégorisation est basée sur la force
    relative des canaux et des veines de mana de l’individu, et les différences sont
    généralement présentes à la naissance…

    … Les augmenters n’ont pas besoin de veines de mana très puissantes, car ils
    utilisent principalement le mana de leurs noyaux, tandis que les conjurers
    n’ont pas besoin de canaux de mana puissants, car ils ne libèrent pas leur
    mana dans leur propre corps.

    Lorsque la compétence atteint un niveau avancé, les distinctions entre les
    capacités des augmenters et des conjurers s’estompent naturellement…
    J’ai pris une minute pour digérer cette nouvelle information. Il semblerait que
    mon idiot de père était un augmenter assez compétent et un conjurer moins
    que moyen.

    Cette lumière curative, cependant… Qu’était ma mère ?

    Aha!

    …Il existe des déviants rares, dont les deux types les plus connus sont les
    déviants élémentaires et les émetteurs. Les plus recherchés sont les émetteurs,
    plus connus sous le nom de guérisseurs. Les guérisseurs possèdent la rare
    capacité de projeter directement leur mana réparateur unique sur les autres,
    accélérant ainsi la guérison des blessures et des déficiences…

    Je savais que ses pouvoirs étaient différents, mais je n’avais aucune idée qu’ils
    étaient si rares. Après avoir reposé mes yeux fatigués pendant quelques
    minutes, j’ai sauté quelques pages pour passer au chapitre suivant, intitulé
    Principes de base de la conjuration « .

    Les étapes de l’utilisation du mana pour les conjurers sont les suivantes :
    recueillir le mana, l’aspirer dans son corps, le faire circuler dans son noyau
    pour stabiliser et purifier le mana dilué dans l’atmosphère, puis le canaliser
    dans un conducteur approprié (un bâton, une baguette, un anneau, etc.) en
    utilisant des incantations comme contrôle mental pour façonner le mana dans
    le sort désiré…

    …Plus le sort est puissant, plus il faudra de temps pour attirer le mana
    environnant, le condenser et le purifier dans le noyau de mana, et enfin le
    canaliser et le libérer…

    …Parce que la conjuration implique l’exercice d’un mana concentré dans un
    sort particulier, les conjurers remarqueront qu’ils ont une affinité spéciale pour
    certains éléments (air, eau, feu, terre), mais avec un entraînement approprié,
    ils peuvent devenir compétents dans les bases de tous les éléments…

    Principes fondamentaux de l’augmentation
    Par rapport à la conjuration, on peut passer beaucoup moins de temps à
    rassembler le mana environnant pour l’augmentation. L’efficacité de
    l’augmentation requiert rapidité et précision dans l’utilisation du noyau, et
    moins dans le maniement du mana de l’atmosphère…
    C’est là que le déclic s’est produit: L’augmentation était très similaire à
    l’utilisation du ki, sauf que vous pouviez aussi puiser du mana dans votre
    environnement. La raison pour laquelle il n’y avait pas d’illusionnistes sur mon
    ancien monde, la Terre, était qu’il n’y avait pas de mana dans l’atmosphère
    dans laquelle puiser pour créer un phénomène.

    Mon regard s’est affûté au fur et à mesure que je lisais.
    …l’augmentation requiert une distribution précise du mana dans différentes
    parties du corps, selon les besoins de l’utilisateur. Bien que cela puisse
    sembler simple à première vue, l’augmentation requiert une connaissance
    approfondie de son propre corps. Être capable d’utiliser efficacement les
    canaux de mana demande des années de pratique mentale et physique…

    … Comme l’augmentation implique l’extraction du mana dans sa forme la plus
    pure à partir du noyau de mana de l’utilisateur, il n’y a pas de distinctions
    significatives dans un sens élémentaire à un stade précoce. Cependant, les
    augmenters sont capables d’utiliser leur mana de manière plus diversifiée, ce
    qui donne lieu à des formes de combat très différentes grâce à
    l’augmentation…

    …Le phénomène appelé ‘contrecoup’ est connu des deux types de pratiquants.
    Pour les augmenters, il résulte de l’épuisement du noyau de mana et peut
    causer des douleurs corporelles extrêmes, selon la gravité des dommages
    subis par le noyau. Pour les conjurers, le contrecoup se produit lorsque le
    noyau de mana est trop rempli. Cela est causé par l’utilisation excessive de
    sorts au-delà de la capacité du pratiquant, ou par l’utilisation d’un sort trop
    puissant pour que son noyau de mana puisse le gérer.

    En refermant le livre, je me suis redressé sur mes fesses, traitant la surcharge
    d’informations que je venais de lire.

    En raison des similitudes troublantes entre le centre de ki de mon ancien
    monde et le noyau de mana de ce monde, j’avais du mal à croire que la
    manipulation du mana ne pouvait pas commencer avant l’adolescence. Sur
    Terre, les enfants pouvaient méditer et sentir le ki dispersé dans leur corps.

    Une fois que le ki avait migré vers un seul endroit, le centre de ki se formait.
    Pour vérifier mon hypothèse, j’ai commencé à méditer, en essayant de sentir le
    mana dans mon corps de sept mois. Puis…

    « Te voilà! Art, chéri, tu as du mal à faire caca ? »

    Mère ! Je suis sur le point de commencer mon voyage pour devenir le plus
    grand mage du monde ! Ne me fais pas passer pour un enfant constipé !
    Me soulevant doucement dans ses bras, elle m’a emmené changer ma couche
    qui, étonnamment, était pleine au moment où je l’ai remarqué.

  • the beginning after the end chapitre 1

    Je n’ai jamais cru à toute cette connerie de “Lumière au bout du tunnel”, où les gens s’en sont sortis d’expériences de mort imminente se réveillant avec des sueurs froides en s’exclamant : “J’ai vu la lumière !”

    Et pourtant, me voilà dans ce prétendu « tunnel » faisant face à cette lumière éblouissante, alors que la dernière chose dont je me souviens, c’est que je dormais dans ma chambre (bien que d’autres l’appellent la chambre royale.)

    Etais-je mort ? Si oui, comment ? Ai-je été assassiné ?

    Je ne me souviens pas avoir fait du mal à quelqu’un. Mais, encore une fois, être une figure du pouvoir publique peut donner aux gens toutes sortes de raisons de vouloir ma mort.

    Quoiqu’il en soit…

    Il ne semblait pas que j’allais me réveiller de sitôt, alors j’ai continué à graviter lentement vers cette lumière brillante.

    Ce voyage semblait durer une éternité, au point où je m’attendais presque à ce qu’une chorale d’enfant chante un hymne angélique, m’appelant vers ce que j’espérais le paradis.

    Au lieu de cela, ma vision de ce qui m’entourait s’est transformée en un flou d’un rouge vif, tandis que des sons assaillant mes oreilles.

    Quand j’ai essayé de dire quelque chose, le seul son qui en sortait semblait être un cri.

    Les voix lointaines sont devenues plus claires lorsqu’elle a dit: « Félicitations, monsieur et madame, c’est un garçon en bonne santé. »
    Hein… Quoi ?

    Je suppose que, normalement, je devrais me dire “M*rde ! Est-ce que je viens juste de naître ? Suis-je un bébé maintenant ?”

    Mais bizarrement, la seule chose qui me vint à l’esprit était “Donc la lumière au bout du tunnel, c’est celle qui passe à travers le vagin de la femme…”

    Ahah… N’y pensons plus.

    En évaluant la situation rationnellement comme le Roi que je suis, j’ai d’abord remarqué que, quel que soit l’endroit où je suis né, je comprenais la langue. C’est déjà un bon signe.

    Puis, après avoir lentement et péniblement ouvert mes yeux, mes rétines furent bombardées de différentes couleurs et figures.

    Il a fallu un peu de temps pour que mes yeux de bébé commencent à s’habituer à la lumière. Le docteur, ou du moins c’est ce qui semblait, devant moi, avait un visage peu attrayant, avec de longs cheveux gris sur la tête et des poils sur le menton. Je jure que ses lunettes étaient assez épaisses pour être résistantes aux balles. Ce qui est assez étrange, c’est qu’il ne portait pas de blouse, et nous n’étions même pas dans une chambre d’hôpital. J’avais l’impression d’être né dans une sorte de rituel satanique parce que cette salle n’était éclairée que par quelques bougies et que nous étions à même le sol, sur un lit de paille.

    J’ai regardé autour de moi et j’ai vu la femme qui m’a poussé hors de son tunnel. L’appeler mère devrait être approprié. En prenant quelques secondes supplémentaires pour observer son apparence, je dois admettre qu’elle est une beauté, mais c’est peut-être à cause de mes yeux à moitié embués. Plutôt que d’être une beauté sexy, je la décrirais plutôt comme charmante, dans un sens très gentil et doux, avec des cheveux auburn et des yeux bruns distincts. Je n’ai pas pu m’empêcher de remarquer ses longs cils et son nez guilleret qui m’ont donné envie de m’y accrocher. Elle était imprégnée de ce sentiment maternel. Est-ce cela l’attirance que les bébés ressentent pour leur mère ?

    J’ai détourné le visage vers la droite pour distinguer à peine la personne que je croyais être mon père par le sourire idiot et les yeux larmoyants avec lesquels il me regardait. Il m’a immédiatement dit :

    “Salut p’tit Art, je suis ton papa ! Peux-tu dire “papa” ?”

    J’ai regardé autour de moi pour voir ma mère et le docteur de la maison (avec toutes les certifications qu’il semblait avoir), dépités, ma mère réussissant même à se moquer :

    “Chéri, il vient juste de naître.”

    En regardant de plus près mon père, je comprenais pourquoi ma charmante mère était attirée par lui.

    Outre les quelques cases en moins qu’il semblait avoir en s’attendant à ce qu’un nouveau-né arrive à articuler un mot à deux syllabes, (mais je vais lui accorder le bénéfice du doute et juste me dire qu’il a dit cela par joie de devenir père), c’était un homme charismatique. Avec une mâchoire très carrée et proprement rasée qui mettait en valeur ses traits. Ses cheveux, d’un brun très cendré, semblaient être relativement courts, tandis que ses sourcils étaient aiguisés, s’étendant en une forme d’épée et se rejoignant pour former une sorte de V. Pourtant, ses yeux semblaient doux, que ce soit dans ses clignements, ou de leurs couleurs, d’un magnifique bleu profond, presque couleur saphir, qui rayonnait de ses iris.

    “Hmm… Il ne pleure pas… Docteur, je croyais que les nouveau-nés étaient supposés pleurer à la naissance… ”

    Après avoir fini de vérifi… je veux dire d’observer mes parents, le docteur s’excusa :

    “Parfois, les bébés ne pleurent pas. S’il vous plaît, continuez à vous reposer pendant quelques jours, Mme. Leywin, et faites-moi savoir s’il arrive quoi que ce soit à Arthur, Mr. Leywin.”

    Les semaines suivantes après ma sortie du tunnel ont été pour moi un nouveau genre de torture. Je n’avais qu’un peu, si ce n’est aucun contrôle moteur sur mes membres, si ce n’est de les agiter, et même cela devenait vite fatigant. J’ai également réalisé à contre-cœur que les bébés n’ont pas vraiment le contrôle de leurs doigts. Je ne sais pas trop comment vous l’expliquer, mais quand vous placez vos doigts sur la paume d’un bébé, il ne l’attrape pas parce qu’il vous aime bien, il l’attrape car, c’est un réflex. Oubliez les contrôles moteurs, je ne peux même pas me soulager de mes déchets à ma guise… Je n’ai encore aucune maîtrise de ma vessie… Ça sort juste… tout seul… Haa…

    D’un autre côté, un des rares avantages auxquels je me suis habitué avec joie, c’est d’être allaité par ma mère.

    Ne vous méprenez pas, je n’avais aucune arrière-pensée. C’est juste que le lait maternel a un meilleur goût que les formules de lait pour bébé et une meilleure valeur nutritive. Huu… s’il vous plaît, croyez-moi.

    Le lieu du rituel satanique semblait être la chambre de mes parents et d’après ce que j’ai compris, l’endroit où je suis actuellement coincé est, je l’espère, un endroit de mon propre monde situé dans le passé, où l’électricité n’avait pas encore été inventée.

    Ma mère a rapidement prouvé que mes espoirs étaient erronés car, un jour, elle a guéri une égratignure sur ma jambe lorsque mon idiot de père m’a cogné contre un tiroir en me balançant dans tous les sens.

    Non… Pas comme avec un pansement et un baiser magique, mais avec une lumière éclatante et un léger bourdonnement sortant de ses mains.

    Où diable suis-je tombé ?

    Ma mère, Alice Leywin, et mon père, Reynolds Leywin, semblaient au moins être des gens bien, si ce n’est les meilleurs.

    Je soupçonne ma mère d’être un ange, car je n’ai jamais rencontré de personne si gentille et bienveillante. Tout en étant porté par une sorte de sac kangourou pour dos, je me suis rendu avec elle dans ce qu’elle appelait une ville. Cette ville, Ashber, ressemblait plus à un avant-poste arrangé, vu qu’il n’y avait pas trace d’une route ou de bâtiments. Nous avons marché sur le chemin de terre principal, où des tentes se dressaient des deux côtés avec divers marchands et vendeurs vendant toutes sortes de choses – communes allant des produits de première nécessité aux choses dont je ne pouvais pas m’empêcher de regarder, comme des armes, des armures, des pierres… des pierres brillantes !

    La chose la plus étonnante à laquelle je ne semblais pas pouvoir m’habituer était que les gens portent des armes comme s’ils portaient un sac d’argent. J’ai aperçu un homme d’environ 1m70 portant une gigantesque hache de guerre plus grande que lui !

    Quoi qu’il en soit, ma mère continuait à me parler, probablement pour essayer de me faire apprendre la langue plus rapidement, tout en effectuant les courses journalières, et en échangeant des plaisanteries avec des passants ou les personnes qui travaillaient dans les kiosques. Pendant ce temps, mon corps s’est à nouveau retourné contre moi, et je me suis endormi…

    Quel fichu corps inutile.

    Assis sur les genoux de ma mère qui me caressait contre sa poitrine, j’étais résolument concentré sur mon père qui était en train de réciter un chant, ressemblant à une prière, pendant près d’une bonne minute. Je me suis penché de plus en plus près, tombant presque de mon siège, m’attendant à un phénomène magique, comme un tremblement de terre pourfendant le sol, ou un golem de pierre émergeant.

    Après ce qui a semblé être une éternité (croyez-moi, pour un bébé qui a la capacité d’attention d’un poisson rouge, c’en était une.) Trois rochers adultes de taille humaine ont émergé du sol et se sont écrasés contre un arbre voisin.

    Mais qu’est-ce que c’était ?

    J’ai battu des bras de colère, mais mon idiot de père a interprété cela en un “WOW” et a eu un grand sourire sur son visage en disant : “Ton papa est génial, hein !”

    Non, mon père était un bien meilleur combattant. Quand il a mis ses deux gants de fer, même moi, je me suis senti obligé de laisser tomber mes sous-vêtements (ou ma couche) pour lui. Avec des mouvements rapides et fermes qui étaient surprenants pour sa corpulence, ses poings portaient assez de force pour briser le mur du son, mais étaient assez fluides pour ne pas laisser d’ouverture. Dans mon monde, il aurait été classé comme un combattant de haut niveau, à la tête d’une escouade de soldats, mais pour moi, il était mon idiot de père.

    D’après ce que j’ai appris, ce monde semblait être un monde assez simple, rempli de magie et de guerriers, où le pouvoir et la richesse décidaient du rang de chacun dans la société. En ce sens, il n’était pas très différent de mon ancien monde, à part le manque de technologie et la légère différence entre la magie et le ki.

    Dans mon ancien monde, les guerres étaient devenues une forme presque obsolète de règlement de comptes entre pays. Ne vous méprenez pas, bien sûr, il y avait encore des batailles à plus petite échelle et des armées étaient encore nécessaires pour la sécurité des citoyens. Cependant, les différents concernant le bien-être d’un pays étaient basés soit sur un duel entre les dirigeants de leur pays, limité à l’utilisation du ki et des armes de combat rapproché, soit sur une simulation de bataille entre pelotons, où des armes à feu limitées étaient autorisées, pour les différents de moindres importances.

    Par conséquent, les rois n’étaient pas les gros hommes assis sur le trône qui commandait les autres par ignorance, mais devaient être les plus forts combattants pour représenter leur pays.

    Mais assez parlé de cela.

    La monnaie dans ce nouveau monde semblait assez simple d’après les échanges que ma mère avait avec les marchands.

    Le cuivre était la forme de monnaie la plus basse, puis l’argent, suivi par l’or. Je n’avais encore jamais vu quelque chose qui coûtait aussi cher qu’une pièce d’or, mais les familles normales semblaient pouvoir vivre avec quelques pièces de cuivre par jour.

    100 Cuivre = 1 Argent

    100 Argent = 1 Or

    Chaque jour, j’ai dû perfectionner mon nouveau corps, maîtriser les fonctions motrices qui sont au fond de moi.

    Ce mode de vie confortable a rapidement changé.

  • PROLOGUE

    Le continent de Dicathen comprend trois royaumes majeurs le royaume
    forestier d’Elenoir au nord, le royaume souterrain de Darv près de la frontière
    sud, et le royaume de Sapin, situé à la frontière est du continent. Il existe
    également la Clairière des Bêtes, dont une grande partie reste un mystère.
    Une grande partie de la Clairière des bêtes n’a pas été explorée en raison de
    l’abondance des monstres, qui sont hostiles aux voyageurs ainsi qu’aux autres.
    Pourtant, chaque année, d’innombrables expéditions sont menées en raison
    des richesses alléchantes que l’on peut en retirer…

    …Le royaume d’Elenoir, la patrie de la race des elfes, est situé dans la forêt
    d’Elshire. L’épaisse brume qui s’y forme un effet mystérieux des arbres
    séculaires – dissuade tous les voyageurs ; cependant, les elfes, grâce à leurs
    sens aigus, peuvent naviguer librement…

    …Le royaume de Darv est un réseau de passages souterrains et d’énormes
    grottes qui peuvent s’étendre sur plusieurs kilomètres, où réside la race
    naine…

    …Le royaume de Sapin est facilement la région la plus grande et la plus
    peuplée du continent. Bien que ce royaume soit principalement composé
    d’humains, il y a également de nombreux marchands de la race naine, qui
    échangent des marchandises de toutes sortes…

    …Si la Clairière des Bêtes abrite d’innombrables monstres et créatures, elle
    renferme aussi de merveilleux trésors aux origines oubliées depuis longtemps,
    accessibles à ceux qui osent les chercher. De nombreux aventuriers et
    mercenaires ont écrits sur les donjons et les repaires d’entités puissantes et
    sur les richesses qui s’y trouvent, ce qui peut transformer même le prêtre le
    plus généreux en un homme avide…

    …Entre la forêt d’Elshire et le royaume de Sapin se trouve la Grande Chaîne
    de montagnes, qui s’étend sur environ quatre-vingt-dix pour cent du continent,
    séparant le nord et l’est de l’ouest et du sud…

    …Alors que les royaumes de Darv et Sapin entretiennent une relation
    symbiotique pour les ressources, les elfes s’isolent, faisant preuve d’agressivité
    envers tous les autres…

    Refermant la couvertures usée de ce qui semblait être une encyclopédie de ce
    monde, Arthur frotta l’arête de son nez avec ses doigts boudinés, le regard
    perdu. Une tristesse presque tangible émanait de lui. Il laissa échapper un
    demi-soupir audible, qui semblait approprié à sa bouche édentée.
    “Ah, mer……”