The angel next door spoils me rotten : chapitre 02-volume 04

La proposition risquée de l’ange

Traducteur: linkfet
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Un nouveau jour s’était levé depuis la déclaration choc de Mahiru, mais l’agitation autour de la supposée relation de l’ange ne s’était pas du tout calmée en classe.

                Ses paroles avaient suscité une grande curiosité, car jusqu’à présent, elle n’avait montré aucun intérêt pour les garçons et avait toujours traité tout le monde de la même manière, quel que soit leur sexe.

                Cependant, quelle que soit la question posée, Mahiru n’ajouta aucune précision. Même sa plus proche amie, Chitose, affirmait qu’elle n’en savait rien, si bien que l’identité de la personne évoquée restait un mystère.

                Amane, qui était le garçon en question, était soulagé, mais aussi terrifié à l’idée d’être, un jour, démasqué.

                « Eh bien, je pense que si quelqu’un te regardait de très près, il finirait par comprendre. Mais de loin, juste à ta silhouette, personne ne te reconnaîtrait. » Dit Itsuki en riant de l’inquiétude d’Amane tout en examinant les articles en vente.

                Amane avait entraîné Itsuki et Yuuta avec lui dans un magasin d’équipement sportif. Il était venu acheter du matériel d’exercice, ayant décidé de commencer un entraînement physique pour mieux correspondre à Mahiru, et dans l’espoir qu’elle puisse tomber amoureuse de lui. Les paroles de Mahiru lui avaient inspiré cette idée.

                Les activités des clubs étant suspendues en raison des examens à venir, l’as du club d’athlétisme avait un peu de temps libre et avait accompagné Amane pour l’aider à choisir des chaussures de course.

                « Je veux dire, après tout, tu as toujours une coiffure banale, tu as l’air détaché, et ton expression ne change pas beaucoup. » Dit Itsuki. « Mais quand t’es avec elle, tu fais tout un tas de mimiques, et tu regardes même vers le haut, du coup, tu donnes l’impression d’être doux et gentil. Je pense pas que quelqu’un puisse relier ce gars-là à l’Amane qu’on voit à l’école. »

                « On lit en toi comme dans un livre ouvert, Fujimiya, c’est surprenant. » Ajouta Yuuta.

                « La ferme. »

                Amane savait bien qu’il se montrait plus doux avec Mahiru qu’avec les autres, mais se faire remarquer comme ça restait très embarrassant.

                C’était d’autant plus humiliant que même Yuuta, avec qui il venait à peine de commencer à traîner, l’avait remarqué.

                Amane fronça les sourcils pour tenter de dissimuler son malaise. Itsuki lui lança un sourire niais.

                « On dirait bien que j’avais raison quand je disais que tu changerais le jour où tu tomberais amoureux. »

                « … La ferme. »

                « Oooh, t’es trop mignon quand tu veux cacher que t’es gêné, Amane ! »

                « T’es flippant, Itsuki. »

                « Un peu, ouais, Itsuki, t’es flippant. »

                « Pourquoi t’es de son côté, Yuuta ? Tu devrais me soutenir. »

                « Ben, c’est que… tu vois. »

                « Vous allez me faire pleurer, les gars. »

                Itsuki n’avait clairement pas l’intention de pleurer. Après avoir continué à embêter Amane avec un sourire moqueur, il haussa les épaules. « Enfin bon, on dirait qu’elle a bien des soucis à gérer, hein ? Y compris le numéro d’hier. »

                « … Un numéro ? Elle m’a dit qu’elle avait dit ça pour contrôler les rumeurs autant que possible sans mentir, puisqu’elle était déjà suspectée. »

                « Ah, elle te l’a expliqué comme ça ? C’est pas faux. Mais je pense aussi que c’était un moyen d’éloigner les autres garçons sans attirer l’hostilité des filles. Quand t’es populaire, t’es toujours un peu jalousée. En laissant entendre qu’elle a déjà quelqu’un de spécial, qu’elle n’a d’yeux que pour lui, elle fait passer le message que même si elle traîne parfois avec Yuuta et moi, elle n’est pas intéressée. »

                « Je vois. »

                « Et puis, tu sais, pour garder les choses sous contrôle. »

                « Qu’est-ce que tu veux dire ? »

                « … Ah, rien. Oublie. Quoi qu’il en soit, je vois bien dans tes yeux qu’elle compte énormément pour toi, et je pense que c’est réciproque. Si tu fais un petit effort, tu peux la conquérir, ou mieux encore, la faire tomber… hein ? C’est important qu’un mec prenne un peu les devants, tu sais ! »

                Les mots ‘la faire tomber’ rappelèrent à Amane un moment survenu pendant la Golden Week.

                Je ne l’ai pas fait exprès…

                Il avait perdu l’équilibre et était tombé sur elle. Ce n’était pas intentionnel. Jamais il n’aurait fait une chose pareille volontairement, conscient que Mahiru le détesterait s’il faisait quoi que ce soit d’aussi déplacé.

                Mais si Mahiru affichait de nouveau ce genre d’expression, comme si elle attendait quelque chose de lui… il ne savait pas ce qu’il ferait, cette fois-là.

                « … Hé, il s’est passé un truc que je ne sais pas ? Tu as eu un petit moment de chance, ou quoi ? »

                Itsuki fit un geste de saisie avec ses mains, très curieux maintenant que les joues d’Amane viraient lentement au rouge à cause de la honte.

                « Tais-toi un peu, pour changer ! » Cria Amane.

                « Itsuki, t’es vraiment le pire ! » Ajouta Yuuta.

                « T’es censé être avec moi, Yuuta ! Je croyais que tu voulais qu’il y ait du progrès ! »

                « Pas quand tu dis n’importe quoi. Cela dit, je trouve aussi que Fujimiya est trop passif. »

                « J’ai l’impression que vous êtes tous les deux contre moi, là. »

                Amane avait des sentiments mitigés face aux remarques de Yuuta et d’Itsuki. D’un autre côté, il savait qu’il n’était pas très entreprenant, donc il ne pouvait pas vraiment les contredire.

                « Allons, on veut juste te donner un petit coup de pouce. » Insista Yuuta. « Je ne connais pas très bien Mahiru, donc ce n’est qu’une supposition, mais je doute qu’elle ait des sentiments pour quelqu’un d’autre que toi, Fujimiya. Elle semble ne faire vraiment confiance qu’à toi. Après tout, elle paraît extrêmement méfiante envers les autres. Je t’assure, la façon dont cette fille te regarde, toi et personne d’autre, c’est différent. »

                « … Je sais qu’elle me fait confiance, qu’elle m’apprécie en tant que personne, mais malgré tout… »

                « Pourquoi t’es si négatif ? Aie un peu confiance en toi. T’es un bon gars, et t’as l’air d’être capable de faire des efforts sérieux quand tu te fixes un objectif. Je veux dire, regarde, si t’as vraiment pas confiance en toi, commence par t’entraîner et te mettre en forme. Le bien-être physique est lié à la confiance en soi, tu sais. Si ton corps s’améliore, ton état d’esprit s’améliore aussi, et si ton attitude change, tout autour de toi semblera plus positif. En devenant plus fort physiquement, tu peux te rendre plus sûr de toi. »

                « Tu parles comme si t’avais tout compris. »

                « J’ai lu ça dans un livre. »

                Yuuta semblait amusé de réciter quelque chose qu’il avait vu dans un livre en le faisant passer pour une expérience personnelle. Il rit doucement et tapa sur l’épaule d’Amane. « Tu es grand, Fujimiya, donc tu aurais l’air plus cool si tu te remplumais un peu, si tu avais une silhouette plus équilibrée, tu vois ? Ce serait dommage de ne pas cultiver les bons atouts que tu as reçus à la naissance. »

                « … Je vais faire de mon mieux. »

                « Tu as Yuuta pour t’aider sur le plan physique, et moi pour le côté émotionnel. » Dit Itsuki. « La dream team ! »

                « Je suis un peu inquiet à propos de tes conseils… »

                « Quel manque de respect ! »

                « Je plaisante… Je te fais confiance, en quelque sorte. »

                « Il est incapable d’être honnête avec ses sentiments, ce gars-là ! »

                Itsuki taquina Amane du coude. Amane fit semblant d’ignorer son existence et reporta délibérément son regard sur Yuuta, qui souriait à côté de lui.

                Amane avait déjà essayé et choisi des chaussures ainsi que les autres articles dont il avait besoin. Pensant qu’ils gêneraient s’ils restaient trop longtemps dans le magasin, il montra les articles qu’il tenait dans les mains pour suggérer qu’ils passent à la caisse.

                « Kadowaki, on passe en caisse ? »

                « Je pense oui. Je voulais peut-être aussi me prendre une nouvelle tenue de course. »

                « Vous êtes cruels de m’ignorer comme ça, les gars… »

                Itsuki avait bien compris leur manège et leur lança une voix faussement affligée alors qu’ils se dirigeaient vers les caisses. Amane et Yuuta échangèrent un regard et laissèrent échapper un petit rire.

***

« … Ce que ça veut dire, c’est que je vais faire un peu plus d’exercice, donc je risque de passer moins de temps à la maison. »

                De retour chez lui après avoir dévoré tout le dîner que Mahiru avait préparé, Amane l’informa qu’il serait moins souvent présent à la maison.

                Même si l’entraînement serait quelque chose qu’il ferait seul, il pensa que cela la dérangerait s’il ne disait rien, puisqu’ils passaient beaucoup de temps ensemble et qu’elle s’occupait de préparer les repas.

                Mahiru, qui se détendait confortablement sur le canapé après le dîner comme à son habitude, ouvrit de grands yeux couleur caramel, légèrement surprise par les paroles d’Amane.

                « J’adapterai les menus en fonction de ton entraînement, mais… c’est plutôt soudain. Faire de l’exercice est une bonne chose, mais qu’est-ce qui t’a pris ? »

                « … Je suppose que j’avais juste envie de m’améliorer un peu, en tant que mec. » Éluda Amane.

                Évidemment, il n’allait pas lui dire ouvertement que c’était parce qu’il voulait qu’elle le reconnaisse, ou parce qu’il voulait avoir fière allure à ses yeux, ou encore parce qu’il voulait qu’elle le trouve attirant.

                Le rire cristallin de Mahiru résonna comme une cloche claire et belle. « Mon Dieu, c’est une phrase que je n’aurais jamais cru entendre de la part de l’Amane qui vivait une vie de flemmard il y a à peine six mois. »

                « Allez, te moque pas de moi… Il n’y a pas de mal à se concentrer davantage sur mes études, ma forme ou mon apparence. »

                « C’est vrai, mais… »

                Amane détourna les yeux. Le regard de Mahiru laissait paraître qu’elle était surprise d’entendre ce genre de chose venant de lui, mais elle ne semblait pas vouloir l’interroger davantage.

                Avec un sourire un peu exaspéré, mais plein de charme, Mahiru tapota doucement la joue d’Amane du bout du doigt.

                « … Ne va pas trop loin, d’accord ? Tu es du genre à en faire trop, Amane. Je sais que quand tu décides quelque chose, tu vas jusqu’au bout, alors demande de l’aide si jamais tu sens que tu dépasses les limites. »

                « Je ne m’en fais pas pour ça. J’ai un coach. »

                « Kadowaki ? »

                « Ce n’est pas un vrai entraîneur, mais il peut m’apprendre plein de choses de base. »

                « Je suppose que ça fait de moi ta cheffe personnelle. Je réfléchirai bien à l’équilibre nutritionnel quand je préparerai tes repas. »

                Puisqu’Amane comptait commencer à s’entraîner et à se remettre en forme, il allait naturellement falloir qu’il change aussi son alimentation. Comme il était déjà mince, il savait qu’il allait devoir prendre un peu de poids, ce qui signifiait manger davantage. Et donc, plus de travail pour Mahiru.

                Amane savait qu’il comptait beaucoup sur Mahiru pour ses repas, alors il se sentait mal de lui en demander encore plus, mais elle accepta sans montrer le moindre signe de contrariété.

                « Désolé de te causer encore des ennuis. »

                « Non, si tu es décidé, je serai ravie de t’aider et de t’encourager. Mais… il ne faut pas oublier qu’on a les examens à passer avant tout, d’accord ? »

                « Je n’ai pas oublié. Je révise tous les jours. »

                « C’est très bien. »

                Amane n’avait pas la volonté de repousser la main de Mahiru quand elle lui caressa la tête et le félicita d’une voix douce et sucrée.

                Mais il ressentait aussi un petit malaise à ne pas réagir, alors il lui lança un regard légèrement accusateur.

                « … Ne te moque pas de moi. Je suis parfaitement capable de concilier les études et l’entraînement. »

                Amane était de nature sérieuse et prenait ses cours au sérieux. Il faisait partie de ceux qui comprenaient la plupart des choses rien qu’en écoutant en classe. Comme il ne manquait jamais de faire ses révisions et ses préparations à la maison, il n’avait fondamentalement rien à craindre sur le plan scolaire.

                Il ne négligerait pas ses études juste parce qu’il comptait consacrer un peu de cette énergie à l’exercice. En fait, il comptait même se montrer encore plus sérieux dans ses études. Il était déterminé à ne pas se laisser distancer, de peur de ne pas être à la hauteur de Mahiru.

                « Tu vas finir par t’épuiser. Tu veux que je te chouchoute pour te porter chance ? »

                « Eh, oh— »

                « Bon, si un jour, tu en fais la demande, je te chouchouterai autant que tu veux, alors… » Mahiru tapota sa poitrine de manière rassurante et lui sourit.

                Le souvenir de son visage enfoui dans la douceur de cette poitrine l’autre jour fit presser les lèvres d’Amane.

                Mahiru ne l’avait pris dans ses bras que pour le réconforter, le voyant abattu, mais c’était le genre de geste qui revêtait une signification particulière pour un garçon de son âge. Sur le moment, il avait été tellement envahi par l’émotion qu’il avait été plus frappé par la gentillesse de son geste que par les sensations physiques de l’étreinte.

                Mais la prochaine fois, Amane savait qu’il ressentirait pleinement et savourerait les sensations de son corps. Justement parce qu’il était conscient de ce qu’il aurait de honteux à le faire, il voulait s’en abstenir.

                « … C’est effrayant à quel point tu sembles prête à faire n’importe quoi si je te le demande. » Murmura-t-il.

                « Eh bien, si c’est dans mes capacités, je ferai ce que je peux. Bien sûr, je m’attends à une compensation, hein. »

                « Je crois que je me sentirais encore plus mal si tu faisais tout ça pour moi sans rien attendre en retour. »

                « Mais quand il s’agit d’actes d’amour désintéressés ou d’altruisme, dans la plupart des cas, la seule récompense, c’est la satisfaction émotionnelle, non ? »

                « Et au fait, tu veux que je te remercie comment ? »

                « … J’aimerais que tu acceptes une de mes demandes. »

                C’était Mahiru, alors Amane ne s’attendait pas à ce qu’elle lui demande de l’argent ou quoi que ce soit, mais il eut un petit rire en entendant la douceur avec laquelle elle réclamait une contrepartie aussi vague.

                « D’accord, tant que c’est dans mes cordes. Un échange équitable. »

                « Ma demande est assez égoïste. »

                « J’en doute un peu. »

                « Elle l’est vraiment… Tu dis ça uniquement parce que tu ne connais pas l’étendue réelle de mon égoïsme. »

                « Très bien, dis-moi ce que c’est. Quelle est ta demande ? » Amane se disait que si elle en faisait tout un plat, cela devait être quelque chose d’important. Il était curieux de savoir ce que Mahiru pouvait bien considérer comme une grande requête.

                Le visage de Mahiru se figea légèrement.

                Quand Amane plongea son regard dans ses jolis yeux couleur caramel, se demandant ce qu’elle allait bien pouvoir dire, elle commença à détourner les yeux.

                Il n’arrivait pas à savoir si ce souhait était véritablement si important qu’elle hésitait à l’exprimer à voix haute, ou si elle jouait simplement la comédie.

                Il la fixa intensément tandis que ses joues se teintaient peu à peu de rouge.

                « Eh bien… »

                « Oui ? »

                « Euh, c’est… »

                « C’est… ? »

                « … A—Amane, je veux que tu me caresses la tête, moi aussi. »

                Sans le vouloir, Amane sourit d’un air crispé en voyant Mahiru, qui avait failli dire autre chose, supplier désespérément dans la panique afin d’éviter de révéler sa véritable requête.

                « C’est ce que tu choisis ? Tu allais dire autre chose, non ? »

                « Ça ira. »

                Il était curieux de savoir ce qu’elle avait failli dire, mais il se dit qu’elle se vexerait s’il insistait davantage, alors il laissa tomber et tendit la main.

                Il lui caressait la tête de temps à autre, mais c’était rare que Mahiru le demande elle-même. C’était le genre de chose qu’il ferait volontiers chaque fois qu’elle en avait envie, sans rien attendre en retour, et en vérité, cela lui plaisait beaucoup, tant que Mahiru ne le détestait pas. Mais il la trouva adorable à demander cela à voix haute avec autant d’humilité.

                La tension disparut visiblement du visage de Mahiru tandis qu’Amane lui caressait la tête comme elle l’avait demandé.

                « Je ne vois pas en quoi c’est censé être égoïste. »

                « Ça l’est. Parce que je veux que tu me touches plus. »

                « Te toucher ? »

                Le geste d’Amane se figea. Avant même qu’il ne remarque son mouvement, Mahiru le regardait avec son expression habituelle, toute douce et des yeux brillants.

                « J’aime quand tu me touches, Amane. D’habitude, je n’aime pas trop le contact physique avec les autres, mais je trouve que tes mains sont agréables. »

                « C’est… vrai ? »

                Mahiru semblait inconsciente de ce que ses mots pouvaient laisser entendre. Elle affichait son expression douce habituelle tout en se rapprochant un peu de lui, d’un air suppliant.

                Alors que la distance entre eux diminuait, Amane sentit plus nettement son parfum sucré, et son cœur s’emballa inévitablement.

                … Je crois que cette fille essaie de me tuer.

                N’importe quel garçon normal serait aux anges en entendant la fille qu’il aime lui dire qu’elle voulait qu’il la touche, il se laisserait sûrement tenter sans trop réfléchir, en sachant très bien ce que cela implique.

                Amane était un jeune homme en bonne santé, et la proposition était plus que tentante, mais il savait aussi que si Mahiru était si affectueuse avec lui, c’était parce qu’elle lui faisait profondément confiance.

                « Tu ne me touches pas souvent, Amane, mais quand tu le fais, c’est toujours avec douceur et attention, non ? C’est très apaisant, et ça fait du bien. Je crois que tu dégages une sorte d’aura réconfortante. »

                Mahiru le taquinait probablement, au moins un peu.

                « … Moi, je ne trouve pas ça relaxant. Tu es une fille, Mahiru, donc je ne peux pas te toucher n’importe comment. »

                « Moi, ça ne me dérange pas. »

                « Eh bah, moi, si. Imagine que je te demande de me toucher, tu ne serais pas un peu mal à l’aise ? »

                Il s’exprima avec un peu trop de véhémence —au fond de lui, il se sentait toujours complexé par le fait qu’elle ne semblait pas le voir comme un vrai homme.

                En réponse, elle lui adressa un sourire paisible et demanda. « … Tu veux bien me toucher ? »

                Elle semblait chercher à le provoquer, sans réfléchir. Malgré lui, Amane attrapa les joues toutes douces de Mahiru et les pinça. D’une certaine manière, il l’avait touchée comme elle l’avait demandé, mais la déception se lisait clairement sur le visage de Mahiru.

                « Allez, je n’en parlerai à personne en dehors de cet appartement, et je ne demanderai ça à personne d’autre que toi, Amane… »

                « Absolument pas, ne soit pas ridicule. »

                Ce n’était pas vraiment ce qu’il voulait dire, mais sa réponse lui échappa presque comme un grognement, plein d’émotion. Il était déstabilisé rien qu’en entendant ces mots, qu’elle ne réservait qu’à lui.

                Essayant désespérément de se reprendre et de chasser les pensées interdites qui lui traversaient l’esprit, Amane prit les mains de Mahiru dans les siennes. C’était tout ce qu’il pouvait s’autoriser.

                Mahiru cligna des yeux, battant ses longs cils, et adressa à Amane un doux sourire légèrement gêné. On pouvait clairement voir de la joie et du soulagement dans son expression, ce qui embarrassa Amane à son tour.

                « … Tu es chaud. D’ailleurs, parfois, tu es vraiment très chaud. »

                « … Je te lâche tout de suite. »

                « Non, ne fais pas ça. Comme je m’y attendais, tes mains sont chaudes, grandes, rugueuses… très différentes des miennes. »

                « Tu es petite, fine et délicate, donc j’ai toujours peur de te faire mal. »

                « Je ne suis pas si fragile. Et puis, quand tu me touches, c’est toujours avec douceur. Je le sens tout de suite, je sais que tu ne me ferais jamais de mal. »

                « … Je ne pourrais jamais être brutal avec une fille. »

                Amane était absolument convaincu qu’il ne blesserait jamais intentionnellement la fille qu’il voulait chérir pour toujours. Pour lui, elle était quelqu’un de précieux qu’il voulait protéger à tout prix.

                Même s’il savait qu’elle n’était pas si fragile, il caressa doucement le dos de sa main comme s’il effleurait de la porcelaine, et elle plissa les yeux d’un air attendri, comme si cela la chatouillait.

                « … C’est justement pour ça que je te fais confiance, et que je te demande de me toucher. »

                Mahiru sourit.

                Elle était d’une beauté à couper le souffle, et, réprimant l’envie de la serrer tout de suite dans ses bras et de la faire sienne, Amane lui rendit son sourire.

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source : traduction anglaise officielle par Yen Press

lien : https://yenpress.com

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