The angel next door spoils me rotten : chapitre 12-volume 03

L’inquiétude parentale et une douleur passagère

Traducteur: linkfet
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« … Maman, ça se fait pas d’envoyer des photos comme ça à Mahiru. »

                Le dernier jour de la Golden Week, Amane avait téléphoné à sa mère.

                Officiellement, il l’appelait pour lui demander si elle serait chez elle pour la fête des Mères, mais avant de pouvoir poser la question, il avait senti le besoin pressant de protester contre le fait qu’elle envoie dans son dos des photos de lui à Mahiru. Rien de désastreux n’avait encore filtré, mais c’était de sa mère qu’il s’agissait, et il savait que si Mahiru lui demandait, elle n’hésiterait pas une seconde à envoyer quelque chose d’humiliant.

                Alors Amane avait expédié les salutations d’usage pour en venir directement aux accusations, l’air boudeur.

                « Oups, tu m’as eue. » Répondit sa mère d’un ton indifférent.

                Elle ne semblait clairement pas désolée.

                « Mahiru avait un comportement suspect, alors je l’ai interrogée, et j’ai vu les photos. »

                « Mahiru doit vraiment bosser sa poker face, hein ? »

                « Dis que tu es désolée de les lui avoir envoyées. »

                Grâce à Shihoko, le dossier photo de Mahiru débordait de toute sorte de clichés étranges, et il s’inquiétait de ce qui pourrait encore lui parvenir. Pour une raison inconnue, Mahiru semblait apprécier ces photos, et plutôt que de lui demander d’arrêter de les regarder, il avait décidé d’aller directement à la source du problème.

                Mais sa mère ne semblait pas du tout honteuse. « Qu’est-ce qu’il y a de mal à envoyer des photos de mon adorable fils à ma future belle-fille tout aussi adorable ? »

                « Je sais même pas par où commencer pour corriger tout ce qui ne va pas dans cette phrase… Bref, n’envoie rien sans mon accord. »

                « Donc si j’ai ton autorisation, c’est bon, hein ? Mahiru était super contente avec ces photos, tu sais. »

                « Laisse-moi au moins choisir lesquelles tu peux envoyer. Je mourrais si je découvrais que tu as envoyé un truc embarrassant. »

                « T’inquiètes, je n’enverrai pas de photos de toi dans le bain. »

                « Si tu le fais, je boycotte la fête des Mères. » Amane lança un regard noir à son téléphone en proférant son ultimatum. Sa mère n’était pas là pour subir sa colère directement, alors ça devrait suffire.

                Visiblement, elle ne saisissait pas l’ampleur de sa contrariété, puisqu’elle éclata de rire. Avant qu’Amane ne fronce les sourcils et parte à nouveau à l’assaut, elle ajouta. « D’une manière ou d’une autre, tu me montres toujours ta reconnaissance chaque année, non ? »

                À ces mots, Amane ravala ses plaintes.

                « … Ben oui, t’es ma mère. »

                Évidemment, elle pouvait être agaçante et têtue, et parfois il en avait vraiment marre d’elle, mais sa mère l’avait porté, mis au monde, élevé avec amour et bienveillance —et elle avait tout fait avec énormément d’affection, donc il lui était naturellement reconnaissant.

                Grâce à ses parents, Amane avait grandi correctement et s’était relevé chaque fois qu’il avait souffert. Il était juste devenu un peu grognon.

                Mais comme il était embarrassant pour un jeune homme de son âge d’exprimer sa gratitude directement à sa mère, il hésita un peu.

                Sa mère, en riant joyeusement, comme si elle lisait en lui comme dans un livre ouvert, déclara. « Ça rend une mère heureuse de voir qu’elle a bien élevé son enfant. J’ai hâte de recevoir mes fleurs cette année. »

                « … Ouais. »

                « Et n’oublie pas d’inviter la gentille Mahiru ici cet été, d’accord ? J’ai hâte de la voir. »

                Sa mère était visiblement ravie à l’idée qu’il rentre chez lui.

                « Compris. » Répondit Amane d’un ton sec, et sa mère rit à nouveau. « De toute façon, Mahiru veut venir. On dirait qu’elle a hâte, elle aussi. »

                « On dirait que toi aussi, Amane. »

                « Oh, ferme-la. »

                Il était content à l’idée de passer l’été avec Mahiru, mais il n’appréciait pas que sa propre mère le taquine à ce sujet.

                Soudain, Amane se mit de mauvaise humeur, mais Shihoko n’avait pas l’air de le remarquer. À l’autre bout du fil, il entendait ses éclats de rire enjoués.

                « Hé-hé. C’est bien. On dirait que tu es prêt à rentrer à la maison. »

                « … J’imagine. »

                Elle pensait probablement à l’été après sa première année d’études, quand il avait refusé de rentrer pendant les vacances.

                Maintenant, Amane voyait les choses plus positivement qu’avant. Ce n’est pas qu’il avait oublié le passé. Il avait traversé des moments difficiles, mais avec du recul, il comprenait que c’était probablement pour le mieux. Les choses étaient bien meilleures que s’il était resté à se faire exploiter jusqu’à la moelle à cause de sa naïveté et sa gentillesse excessive. Plus important encore, s’il n’avait pas fui ces types, il n’aurait jamais rencontré Mahiru.

                « Si je laissais ce qui s’est passé me pourrir la vie plus que ça ne l’a déjà fait, Mahiru me tuerait. Alors, ouais, ça me dérange plus vraiment. »

                « Tu l’as dit à Mahiru ? »

                « Ouais. »

                « C’est merveilleux. Une personne de plus qui te comprend vraiment. »

                Sa mère semblait très heureuse, et Amane sentit une légère chaleur lui monter dans la poitrine.

                « … Ouais. »

                « Donc ça veut dire que les photos de toi au collège que j’avais retenues, je peux les envoyer maintenant. J’en ai une de toi au moment où tu as grandi d’un coup. Tu faisais ton malin parce que tu étais devenu plus grand que moi. Et ce n’est que le début ! »

                « Hé, écoute, je plaisante pas. Arrête ça, d’accord ? T’as des trucs affreux en réserve. »

                Toute la chaleur qu’il ressentait à l’égard de sa mère s’évapora.

                « Mais t’étais tellement mignooon ! »

                « Tu saoules. Cette fois, quand je rentre, je les retire de l’album. »

                « J’ai bien planqué cet album. » Répliqua Shihoko. « Honnêtement, je te souhaite bonne chance. »

                « Je vais définitivement le retrouver. » Insista-t-il.

                Il devait faire disparaître ces photos avant que Mahiru ne tombe dessus. Il l’imaginait déjà en train de sourire tout en lui donnant son avis après que sa mère les lui aurait discrètement remises dans son dos.

                Il entendait Shihoko rire à l’autre bout du fil, et il raccrocha sèchement avec un soupir exaspéré.

                « … Qu’est-ce que tu fais ? » Demanda une voix douce. Il se retourna pour voir Mahiru qui l’observait depuis la porte du salon avec un air curieux. On aurait dit qu’elle l’avait entendu parler et qu’elle avait tenté d’entrer dans l’appartement sans faire de bruit.

                Amane détourna les yeux. « Je parlais à ma mère. Je lui disais que j’avais décidé de réduire ses albums photos en cendres. Tactique de la terre brûlée. »

                « Q—Quoi ?! Ce serait horrible ! » S’exclama-t-elle. Elle s’assit à côté de lui dans un souffle contrarié et lui donna un petit coup dans l’épaule.

                Amane grimaça. « Mais qu’est-ce que tu espères y voir, Mahiru… ? »

                « Des photos de toi, d’il y a longtemps, évidemment… »

                « Hors de question. »

                « … Tu vois ? Je suis obligée de les obtenir par Shihoko, dans ton dos. »

                « Hé, attends— »

                « Je plaisante. Enfin, à moitié. »

                « Pff… C’est l’autre moitié qui m’inquiète, tu sais. »

                Amane avait le sentiment que si jamais il relâchait sa vigilance, Mahiru finirait par comploter avec sa mère derrière son dos. D’un autre côté, Mahiru était quelqu’un de bien, et il avait confiance en elle. Quoi qu’il arrive, elle ne ferait rien de trop extrême.

                Il poussa un soupir dramatique, mais Mahiru ne semblait pas le moins du monde gênée. Au contraire, elle afficha un grand sourire, toute heureuse. « … Je crois que ça ne va pas trop te plaire, mais j’ai vraiment hâte d’être en vacances d’été. »

                « Tu t’y prends un peu tôt. » Répondit Amane. « La Golden Week est même pas encore finie. »

                « Ben… J’ai hâte de revoir ta mère et ton père, et de feuilleter ton album photos, et je veux vraiment voir de mes propres yeux l’endroit où tu as grandi. »

                Amane sentit son cœur bondir alors qu’elle énumérait avec enthousiasme ce qui la réjouissait, mais elle avait ajouté un élément de trop à sa liste.

                « Merci… sauf pour l’histoire de l’album. Ça, c’est interdit. »

                Mahiru lui lança un regard contrarié face à ce refus, alors il lui caressa la tête pour lui faire oublier l’existence de l’album maudit.

                Apparemment, Mahiru aimait bien plus qu’il ne l’avait imaginé qu’on lui caresse la tête. Elle gardait encore un petit air mécontent, mais quand il effleura doucement la surface de ses cheveux sans les ébouriffer, elle se calma rapidement.

                « … Moi aussi, j’ai hâte de rentrer à la maison. » Avoua Amane.

                « Vraiment ? » Demanda-t-elle.

                « Pourquoi je mentirais là-dessus ? »

                « … Je veux dire, avec tout ce qui s’est passé… » Mahiru hésita, repensant sans doute à ce qu’il lui avait révélé la veille.

                « Ce truc avec ces types ne me dérange plus vraiment. Juste le fait que tu sois bouleversée par quelque chose qui m’est arrivé, ça compte beaucoup pour moi. Comment dire… ? Je crois que j’ai vraiment de la chance d’avoir quelqu’un prêt à se mettre en colère sincèrement pour moi. »

                Il savait que c’était une chose simple, toute petite même, mais le fait d’avoir quelqu’un qui l’écoutait parler de ses cicatrices encore palpables —et qui était là pour le soutenir— était déjà une grande avancée qui mènerait à la guérison complète de ses blessures.

                Et puis, il était clair qu’il ne pouvait pas rester éternellement déprimé. Tôt ou tard, Mahiru en aurait assez, et il ne voulait pas qu’elle le prenne pour un cas désespéré.

                « C’est normal que je sois en colère qu’on t’ait blessé, Amane. Je veux dire, si quelqu’un me faisait du mal, tu serais en colère, pas vrai ? »

                « Bien sûr que je le serais. »

                « Bah, tu vois, c’est exactement la même chose. » Affirma doucement Mahiru en fermant les yeux. Amane voyait bien à quel point elle appréciait qu’il lui caresse les cheveux.

                Il se sentait un peu embarrassé par la confiance qu’elle lui témoignait, mais il continua à la caresser doucement, et elle sourit avec tendresse en se blottissant contre lui.

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source : traduction anglaise officielle par Yen Press

lien : https://yenpress.com

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