Traducteur: linkfet
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« Bonjour, Fujimiya ! »
« Salut. »
Les garçons qui avaient fait partie du groupe d’étude d’Amane la veille le saluèrent gaiement le matin suivant. D’ailleurs, Mahiru avait été de très bonne humeur pendant tout le trajet de retour et le reste de la soirée après qu’ils soient rentrés dans leurs appartements.
Amane répondit aux salutations matinales de ses camarades d’un petit geste de la main et posa son sac sur son bureau. Itsuki et Yuuta, qui étaient arrivés avant lui, s’approchèrent en souriant. Itsuki semblait avoir récupéré une partie de la malice de Chitose, et Amane ne pensait pas se faire des idées.
Comme on pouvait s’y attendre, le sourire d’Itsuki se transforma en un rictus satisfait. Amane faillit claquer la langue d’agacement.
« Alors, comment ça s’est passé hier ? » Demanda Itsuki.
« Rien de spécial. Et sûrement rien qui mérite ton sourire idiot. »
« Ah, c’est vrai, vous aviez cette session d’étude, non ? » Dit Yuuta. « J’avais autre chose à faire, donc je n’ai pas pu venir. Il s’est passé quelque chose ? »
Yuuta n’y avait pas participé, donc il ne semblait pas comprendre la raison de l’air suffisant d’Itsuki.
Amane n’avait pas envie de se fatiguer à tout expliquer, alors il haussa les épaules et lança à Itsuki un regard mêlé d’agacement et de frustration. « Non, pas vraiment. C’était juste une session d’étude normale et efficace. »
« Oh, allez… » Insista Itsuki. « Tu vas rien dire sur ma mise en scène brillante ? »
« Ce qui est sûr, c’est que tu n’avais rien à faire là-dedans. »
De toute manière, Amane avait prévu de raccompagner Mahiru chez elle (en réalité, comme leurs appartements étaient pratiquement au même endroit, c’était plus juste de dire qu’il rentrait lui aussi) indépendamment du moment où Itsuki partait, que ce soit avant ou après Amane et Mahiru. Il ne se serait sans doute pas senti aussi gêné ni aussi préoccupé par les regards extérieurs, et il aurait évidemment été plus à l’aise si Itsuki et Chitose étaient restés avec eux.
« Sinon, tranquille » Insista Amane. « Je progresse à mon rythme, pas besoin d’encouragements. »
« Mais moi, je commence à perdre patience… » Se plaignit Itsuki.
« Tais-toi. Sinon je te laisse pas copier mes notes. »
« Ah ! Dans ce cas, je me retire. Je t’épargne pour cette fois. »
« T’es insupportable. »
C’était Itsuki qui était en difficulté maintenant que les examens approchaient et qu’il ne restait plus beaucoup de temps. Il s’en sortirait probablement sans trop de souci même sans réviser énormément, mais il avait lui-même admis qu’il ne pourrait pas réussir ses matières faibles sans un minimum de préparation.
Quand Amane sortit la copie de ses notes de son dossier et les lui tendit, il le taquina d’un « La victoire est mienne. » , mais il doutait qu’Itsuki travaille vraiment une fois rentré.
Amane alla ensuite remettre les copies de ses notes aux garçons qui l’avaient salué plus tôt —ils les lui avaient demandées la veille. En guise de remerciement, ils lui donnèrent des bonbons jusqu’à ce qu’il en ait les mains pleines.
« Tu es vraiment quelqu’un d’attentionné. » Fit remarquer Itsuki quand Amane revint à son bureau les bras chargés de friandises. Il avait l’air sur le point de se lancer dans un récit à propos des compliments que Mahiru avait faits à Amane la veille.
Sentant son visage commencer à tressaillir, Amane le coupa. « Toi, tu m’as rien donné, donc j’ai juste fait ta copie en même temps que les autres. »
Yuuta, qui observait la scène avec son sourire habituel, afficha soudain une expression déçue. « J’aurais dû venir hier. On dirait que c’était plutôt sympa. J’aurais bien aimé réviser avec tout le monde, moi aussi. »
« Eh bien, Itsuki s’est bien amusé à m’embêter, oui. » Dit Amane. « Mais moi, j’ai pas trouvé ça hyper drôle. »
« Encore ça ? »
« Allons, allons. Les taquineries d’Itsuki viennent d’un bon fond. » Plaisanta Yuuta. « Enfin… je pense. »
« Pourquoi doutez-vous tous de moi comme ça ? »
« Il devient parfois grognon quand on le taquine trop, et ça me fait douter qu’il y ait vraiment de l’affection derrière. Tu devrais parfois freiner un peu, tu sais ? Fujimiya te pardonnera probablement, mais tu ferais mieux de comprendre où est la limite avant de la franchir. »
« Oui, oui, pas de souci. Je connais parfaitement la limite. »
« Ce type m’énerve. » Marmonna Amane.
Itsuki ne taquinait jamais Amane au point de dépasser les bornes ou de le mettre véritablement en colère. Même si Amane boudait un peu, il n’était jamais vraiment vexé, et Itsuki s’arrêtait toujours quand Amane lui répondait avec irritation. Il ne se plaignait jamais non plus quand il se faisait rembarrer plus sèchement que d’habitude. Il savait sans doute où s’arrêtait la ligne.
Sa capacité à flirter avec cette limite était impressionnante, et c’était aussi ce qui rendait Amane fou.
« Eh bien, je suppose qu’Itsuki a toujours été un peu… agaçant. » Admit Yuuta.
« Comment peux-tu être aussi cruel avec autant de désinvolture, Yuuta ? Qui aurait cru que tu pouvais être aussi sévère ? »
« J’ai récemment décidé que je pouvais me permettre d’être un peu dur avec toi, parfois. »
« Monstre ! Je proteste ! »
« Ah ha ha ! »
Yuuta rit pendant qu’Itsuki faisait semblant d’être outré, il était évident qu’il ne l’était pas vraiment. Amane, quant à lui, se sentait satisfait de voir Itsuki à son tour devenir la cible des moqueries, à plusieurs niveaux.
Il ne pouvait pas le détester, même dans ce genre de moments, et il arborait en secret un sourire un peu amer.
« Bon, mettons un instant Itsuki de côté… » Lança Yuuta.
« M’excluez pas ! » Protesta-t-il.
« On ne pourra rien dire tant que tu bavardes sans arrêt, Itsuki, alors tais-toi une minute. Alors, Amane, j’aimerais bien qu’on révise ensemble tous les trois. Ça te dirait de faire une session d’étude samedi ou dimanche ? »
Itsuki ferma la bouche bien sagement comme un certain lapin de dessin animé, et Yuuta se détourna de lui pour reposer la question à Amane. « Alors, qu’en dis-tu ? »
Amane n’avait rien de prévu en particulier pour le week-end, et il se disait qu’avec Yuuta, ce serait sûrement une session normale, donc il était plutôt tenté d’accepter, mais il hésita.
L’idée d’une session d’étude ne lui posait pas de problème, mais restait la question de l’endroit.
« … Et on ferait ça où ? »
« Ah, chez moi, c’est pas possible. » Répondit Itsuki. « Mes parents seront là, donc je pense que ce serait gênant, ou alors l’ambiance serait désagréable. » Le ton d’Itsuki était détaché, mais Amane sentait bien que son ami était affecté par sa mauvaise relation avec ses parents.
« … Chez moi, ça pourrait aller, je suppose, mais mes grandes sœurs risquent de nous déranger un peu, donc je ne pense pas que ce soit l’idéal pour étudier. » Dit Yuuta.
« T’as des sœurs ? »
« Ouais, deux. Elles sont plutôt bruyantes, un peu envahissantes, alors je pense que Fujimiya serait mal à l’aise. »
Amane savait que Yuuta ne minimisait rien, ses sœurs étaient vraiment comme ça. S’il devait deviner, Amane avait l’impression que c’était exactement le genre de filles qu’il ne pouvait pas gérer, donc il pensait qu’il valait mieux éviter la maison de Yuuta si possible.
Cela signifiait que l’appartement d’Amane serait l’option la plus pratique.
Itsuki y était déjà venu plusieurs fois, et Amane n’avait rien contre l’idée que Yuuta vienne aussi. En même temps, Amane n’était pas la seule personne à fréquenter cet appartement.
Mahiru n’y était pas toujours, mais elle avait la gentillesse de venir cuisiner, et ils avaient beaucoup étudié ensemble récemment, donc il y avait de fortes chances qu’elle soit là pendant le week-end.
Amane esquissa un sourire un peu vague, en se disant qu’il valait mieux ne pas inviter quelqu’un sans demander la permission à Mahiru d’abord.
« Tu penses que tu pourrais lui demander ? » Demanda Itsuki.
« Ah, ouais, je peux faire ça. » Acquiesça Amane. « On ne peut pas débarquer sans prévenir. »
« C’est ton petit nid d’amour, après tout, hein… »
« Sérieusement, ferme-la. »
Amane lança un regard noir à Itsuki, se demandant ce qu’il ferait si quelqu’un les entendait, mais Itsuki avait parlé assez bas, et aucun de leurs camarades de classe ne semblait les regarder.
Amane poussa un soupir exaspéré et baissa les yeux, pensant à Mahiru, qui n’était pas en classe à ce moment-là.
***
« Dis, Mahiru ? Demain matin, je vais faire une session d’étude chez moi avec Itsuki et Kadowaki. Ça te va ? »
Après le dîner, alors qu’il portait les assiettes à l’évier, Amane posa la question à Mahiru, qui tenait les couverts.
Itsuki avait dit que le samedi lui convenait mieux. Amane se sentait un peu mal de lui demander ça à la dernière minute.
Mahiru cligna des yeux de manière exagérée, puis lui adressa un regard encourageant.
« Ça ne me dérange pas. Est-ce que je prépare quelque chose à manger pour tout le monde ? »
« Oh, je me sentirais mal de te demander autant, mais… mais je t’en serais reconnaissant si tu pouvais… Ça irait ? »
« Il suffit juste d’en faire un peu plus. Ça ne me dérange pas. » Répondit-elle simplement.
Amane était convaincu que ça lui demanderait quand même pas mal de travail. Elle avait sans doute prévu de faire le déjeuner pour elle-même, mais malgré cela, il ne la remercierait jamais assez d’ajuster ses plans pour les siens.
« Je peux étudier avec vous, moi aussi ? »
« Si tu veux, les gars ont dit que ça leur allait… On appelle Chitose aussi ? Je ne sais pas si elle est libre, ni si elle va vraiment étudier, mais je me sentirais un peu mal de l’exclure. »
Chitose n’était pas très studieuse. Elle savait se débrouiller un minimum, mais Amane n’irait certainement pas jusqu’à la qualifier d’académique. Même si elle avait participé à la session d’étude de la veille, apparemment, elle n’avait pas beaucoup avancé, et elle en riait en disant qu’elle allait rater les examens.
« Tu n’as pas à t’inquiéter pour ça. Je l’ai déjà invitée. »
« Hein ? »
« Eh bien, elle disait que son père allait la gronder si elle n’avait pas un bon score —enfin bon, selon elle— à cette session d’examens, du coup, j’ai prévu d’étudier avec elle samedi. »
« Peut-être que rejoindre notre groupe était le plan de Chitose depuis le début ? »
Amane avait comme l’impression qu’Itsuki avait parlé à Chitose de leur session d’étude, mais il n’en avait pas la preuve. Il sourit avec ironie en pensant à ses deux amis toujours aussi envahissants, convaincu qu’elle avait obtenu l’information par Itsuki.
Souhaitant qu’ils lui aient dit le plan dès le début, il rinça rapidement les assiettes grasses à l’eau chaude et commença à faire la vaisselle. Mahiru laissa échapper un petit rire et commença à ranger les restes refroidis dans des boîtes hermétiques.
« Bon, que ce soit son intention au départ ou non, ça risque d’être une session d’étude bien animée, hein ? » Fit-elle remarquer.
« Ça t’ira ? Si ça devient un peu bruyant ? »
« Je m’en fiche. » Insista Mahiru. « En plus, j’étudie tous les jours, alors je ne suis pas trop stressée pour ces examens. »
Mahiru n’avait pas de quoi s’inquiéter, après tout, elle travaillait dur chaque jour, donc Amane n’y pensa pas plus.
Mais il se demandait quand même comment le groupe allait réussir à étudier efficacement.
« Dis, Mahiru, après, je pourrais jeter un œil à tes notes ? »
« Bien sûr, ça ne me dérange pas. Mais toi aussi, tu prends de bonnes notes, Amane. Elles sont populaires, à ce qu’on dit. »
« Mes notes, ouais. Sans doute parce qu’elles sont plutôt claires. Mais je suis curieux de voir celles de la meilleure élève. »
« Ne t’attends pas à trop, elles ne sont pas aussi bonnes que tu l’imagines. »
Mahiru rit à nouveau et mit les restes au réfrigérateur.
Ils deviendraient le petit-déjeuner d’Amane le lendemain, alors pendant qu’il faisait la vaisselle, il remercia Mahiru mentalement. Il avait la chance de manger sa cuisine non seulement au dîner, mais même au petit-déjeuner, ce qui améliorait grandement son quotidien, sachant qu’il mangeait sainement tous les jours.
« Amane, tu travailles vraiment dur pour ces examens, hein ? »
« Eh bien, j’aimerais avoir plus confiance dans certains domaines, et je me dis que si je prends la peine d’étudier, autant le faire sérieusement. J’aimerais finir dans le top dix. »
« Vraiment… ? Bon, dans ce cas, que dirais-tu si je te donnais un peu de motivation ? »
« De la motivation ? »
« Si tu rentres dans le top dix, je ferai tout ce que tu veux. »
« … Hein ? »
Amane se figea une seconde et faillit faire tomber l’assiette qu’il tenait dans l’évier. Il n’arrivait pas à croire ce qu’il venait d’entendre.
Le fait d’avoir failli casser une des assiettes préférées de Mahiru le ramena à la réalité, et il prit une grande inspiration.
Puis il jeta un coup d’œil à côté de lui et vit Mahiru, arborant son habituel sourire tranquille, refermer le couvercle d’un des récipients.
« Je t’ai déjà dit que je ferais à peu près tout si tu me le demandais, mais cette fois, ce sera une vraie récompense. Je réaliserai n’importe quel souhait, même quelque chose que tu n’oserais pas me demander en temps normal, d’accord ? »
« … Les filles ne devraient pas dire des trucs comme ça. »
« Oh, tu comptes me demander quelque chose de dangereux ? »
Bien qu’elle sache parfaitement qu’Amane ne ferait jamais une telle chose, Mahiru pencha la tête d’un air taquin en posant la question, et Amane ne put s’empêcher de froncer les sourcils. Elle semblait sûre qu’il n’y avait aucun risque dans ce qu’il pourrait demander.
Quand Amane fixa Mahiru, elle lui adressa un sourire amusé et se rapprocha d’un petit bond pour se placer à côté de lui. Il ne savait pas si c’était son imagination, mais il crut apercevoir une lueur d’espoir traverser son regard.
« … Et si je te demandais vraiment quelque chose de dangereux, tu ferais quoi ? »
« Eh bien, ça dépendrait de ce que c’est, mais je pense que… j’admirerais ton courage, et je réaliserais sans doute ton souhait. »
Cela sonnait comme si Mahiru comptait vraiment exaucer la demande d’Amane. Évidemment, c’était sans doute parce qu’elle était certaine qu’il ne lui demanderait jamais rien de déplacé. Amane ressentit un léger tiraillement intérieur.
Il ne voulait rien lui imposer, mais entendre la fille qu’il aimait lui dire qu’elle ferait tout ce qu’il voulait lui donna tout un tas d’idées folles… qu’il ne pouvait pas dire à voix haute.
Il jeta un rapide coup d’œil à Mahiru et la vit sourire comme pour dire qu’elle était prête à tout. Elle avait l’air si innocente. Amane se sentit transpercé par sa propre bassesse.
« … Bon, je veux que tu me laisses reposer la tête sur tes genoux, comme la dernière fois. »
Amane parvint tout juste à garder son calme. Après réflexion, il avait choisi de demander quelque chose que Mahiru accepterait probablement, et qu’en temps normal, il n’aurait jamais osé formuler.
Il voulait retrouver cette sensation agréable une fois encore. Ce n’était pas une requête déraisonnable, et Amane pensait pouvoir se contenir.
À peine avait-il prononcé ces mots qu’il se sentit envahi d’un embarras terrible.
Mahiru le regarda fixement, clignant plusieurs fois des yeux, avant de lui répondre avec une expression à la fois adorable et timide. « Pas de problème. Et je te ferai même un nettoyage d’oreilles, alors prépare-toi à être chouchouté. »
Elle bomba fièrement le torse, l’air convaincue qu’Amane allait réussir à se hisser dans le top dix.
***
« On est là ! »
Le samedi précédant les examens, comme prévu, Itsuki, Chitose et Yuuta arrivèrent vers dix heures du matin, lancèrent un salut en chœur depuis l’entrée, puis franchirent le seuil.
Apparemment, ils avaient grandi dans le même quartier, et il leur avait été facile de se retrouver avant de venir. Ils s’étaient aussi donné rendez-vous parce que Yuuta ne savait pas où habitait Amane, mais la vraie raison, c’était surtout qu’ils étaient de bons amis.
Amane les accueillit. « Super, entrez. »
« Elle est où, Mahiru ? » Demanda Chitose.
« Dans la cuisine, elle prépare le déjeuner. »
Pour qu’ils n’aient pas à se soucier du repas de midi, Mahiru était venue en avance chez Amane pour le préparer. Elle s’était même levée tôt pour aller acheter les ingrédients dans un supermarché qui ouvrait dès le matin.
Elle préparait un rôti de bœuf et comptait le laisser cuire lentement pour qu’il soit parfaitement tendre au moment du repas.
« … Vous êtes vraiment à l’aise tous les deux… » Murmura Itsuki.
« La ferme. »
« On dirait un couple de jeunes mariés qui reçoit ses collègues pour un repas. »
« Encore un mot, et tu n’auras pas de déjeuner. » Le menaça Amane.
« Nooon ! Je veux manger la cuisine de Mahiru ! »
Après avoir averti Itsuki de ne pas trop faire l’idiot, Amane tourna les yeux vers Yuuta, qui le fixait avec un air légèrement surpris.
« Qu’est-ce qu’il y a, Yuuta ? »
« … C’est juste que Shiina a l’air très à l’aise ici, chez toi, Fujimiya. »
« … Bah, ce serait presque plus étrange si elle ne l’était pas. » Grommela Amane. « … Elle cuisine tout le temps pour moi. »
Amane détourna brusquement les yeux et vit Itsuki qui étouffait un rire derrière ses mains. Cela lui rappela le sourire de sa mère, ce qui l’agaça, et il donna un léger coup de pied à Itsuki dans le tibia.
« Bienvenue à tous… » Dit Mahiru en sortant de la cuisine. « Oh, Akazawa, qu’est-ce qui t’est arrivé ? »
Amane ricana. « T’occupe pas de lui. »
Mahiru s’inquiétait pour Itsuki, qui affichait un sourire étrange. Il n’y avait pourtant pas de quoi s’en faire, et Amane aurait préféré qu’elle l’ignore complètement.
Mahiru sembla conclure que l’expression d’Itsuki n’avait rien d’alarmant, et bien qu’elle gardât un air curieux, elle afficha son habituel sourire et retourna à la cuisine avec un froissement de tablier. « Il me reste quelques préparatifs, alors installez-vous au salon. »
En la regardant s’éloigner, Itsuki marmonna. « Elle dégage carrément une énergie de femme fraîchement mariée. » Cette fois, Amane lui donna une tape dans le dos.
Ils attendirent que Mahiru termine ce qu’elle avait à faire en cuisine, puis elle revint avec du thé. « Bon, on s’y met ? » Demanda-t-elle en s’asseyant à côté d’Amane. Les trois autres avaient délibérément laissé cette place libre.
« Ouais ! »
« Bon, Chi, tu bloques sur quoi ? Hier, on a vu l’anglais, aujourd’hui, on devait faire les maths, non ? »
« Tout. »
Mahiru sursauta. « T—Tout… ? »
« Chi est nulle en maths. » Commenta Itsuki. « Elle a failli se planter la dernière fois. »
Chitose n’était pas complètement désespérée, mais c’était sa matière la plus faible, et après chaque test, elle affirmait que seule une intervention divine l’avait sauvée de l’échec.
Le mot ‘Tout’ fit tressaillir la joue de Mahiru, mais comme les maths étaient bel et bien le point faible de Chitose, il n’y avait pas grand-chose à faire. Ils auraient déjà de la chance si elle arrivait à comprendre les bases.
« Elle a du mal avec les problèmes d’application, donc le mieux serait de lui montrer comment utiliser les formules à chaque exercice, je pense. » Dit Itsuki.
« Elle les connaît, les formules ? » Demanda Mahiru à Itsuki.
« … Tu les connais, pas vrai ? » Lança-t-il à Chitose.
« Probablement. » Chitose acquiesça.
Amane avait le sentiment qu’elle ne les connaissait pas vraiment, et que Mahiru allait devoir s’armer de courage. Chitose n’était pas idiote, elle ne savait juste pas comment utiliser les formules. Alors tant qu’on lui apprenait, elle devrait pouvoir obtenir un score honnête… pour elle, du moins.
« On dirait que t’es motivé, Itsuki. » Fit remarquer Amane.
« Ha ha ha ! »
« Te fous pas de moi, bosse. »
Pourquoi tu crois qu’on a organisé cette session d’étude ? Pensa Amane.
« Yuuutaaa, Amane est méchant ! » Se plaignit Itsuki d’un ton faussement geignard.
« T’as qu’à t’y mettre sérieusement, alors. »
Avec un grand sourire, Yuuta refusa de prendre la défense d’Itsuki, qui laissa retomber ses épaules d’un air abattu.
Yuuta, lui, avait déjà ouvert son manuel et son cahier pour commencer. Amane aurait bien aimé qu’Itsuki et Chitose prennent exemple.
Yuuta ne semblait pas avoir de matière faible en particulier. C’était un élève brillant, avec des résultats au-dessus de la moyenne dans toutes les matières.
Amane, lui non plus, n’avait pas de sujet qui l’inquiétait vraiment—il ne lui restait plus qu’à peaufiner sa mémorisation et sa capacité à appliquer ce qu’il avait appris.
Il confia la tâche de faire réviser Chitose à Mahiru et baissa les yeux vers le manuel d’histoire du monde qu’il avait posé devant lui.
***
Amane et les autres continuèrent à étudier après le déjeuner, mais vers le milieu de l’après-midi, Chitose sembla avoir atteint les limites de sa concentration et se laissa aller contre le dossier de sa chaise. « J’en peux plus ! Hé, Amane, on peut jouer à un jeu vidéo ? »
« Tu peux jouer si tu veux, mais je ne promets rien pour tes notes… »
« T’es trop strict. »
« C’est parce que tu ne t’arrêtes jamais après une courte partie. Si tu penses pouvoir te contrôler, alors j’imagine que tu peux y aller. » Répondit-il en continuant de résoudre un exercice, ce qui montrait bien qu’il n’avait pas l’intention d’arrêter d’étudier. Du coin de l’œil, il vit Chitose gonfler un peu les joues.
Amane s’était douté qu’il ne faudrait pas longtemps avant que Chitose se lasse des révisions, une activité qu’il savait qu’elle détestait. C’est pour cela qu’il avait préparé quatre manettes et plusieurs jeux près de la console dans le meuble télé.
La concentration humaine ne dure jamais très longtemps, alors il s’était dit que ce ne serait pas une mauvaise chose que ses amis fassent une pause pour jouer un peu.
Lui, en revanche, n’avait aucun problème à continuer. Depuis le début, il faisait une courte pause chaque heure, et de toute façon, les études ne le dérangeaient pas. Il pouvait continuer longtemps s’il en avait envie.
« T’es pas drôle, Amane ! » S’exclama Chitose.
« C’est censé être une séance de révisions, non ? Cela dit, si tu veux vraiment jouer, vas-y. J’ai quatre manettes, alors vous pouvez faire une pause. »
« D’accord, j’accepte ton offre, mais… faut pas trop forcer, hein ? »
« Je fais des pauses. »
« T’es vraiment un élève modèle ! T’as toujours été sérieux, Amane. Bon, allez, je vais jouer. Viens, Itsuki. »
« Mouais, pourquoi pas. Mais on ne peut pas passer tout notre temps à ça. »
Amane ne fut pas surpris qu’Itsuki, lui aussi, ait l’air fatigué après environ trois heures d’étude et veuille jouer un peu.
« Tu viens, Yuuta ? » Demanda-t-il.
« Pourquoi pas ? Ça ne te dérange pas, Fujimiya ? »
« Mmm. » Amane hocha la tête.
Même Yuuta, pourtant plus sérieux qu’Itsuki et Chitose, semblait vouloir faire une courte pause. Amane confirma qu’il pouvait les rejoindre, puis reporta son attention sur son cahier.
À côté de lui, Mahiru continuait tranquillement de résoudre des exercices. Elle restait aussi concentrée qu’avant et ne montrait aucun signe d’arrêt.
« Tu ne veux pas jouer, Mahiru ? » Lui demanda-t-il.
« Je vais continuer un peu. »
« Je vois. »
Amane avait pris la résolution de se mettre sérieusement au travail, c’est la seule raison pour laquelle il ne s’arrêtait pas, mais Mahiru, elle, avait une facilité naturelle pour les études, et il ne pouvait s’empêcher d’admirer sa rigueur.
Elle finirait sans doute encore première aux examens, car elle ne manquait jamais de faire les efforts nécessaires—c’était là une autre raison pour laquelle Mahiru lui paraissait si exceptionnelle.
Tandis que les trois autres s’installaient avec enthousiasme devant la télévision, Amane les laissa de côté pour se reconcentrer sur ses révisions. Il entendait le crissement des crayons sur le papier, le frottement des gommes effaçant les traces, et, très distinctement, la respiration de Mahiru juste à côté de lui.
Tout en écoutant distraitement les voix animées de ses amis, Amane se concentra pour se rappeler quels types de questions les professeurs avaient tendance à poser lors des examens. Plusieurs d’entre eux étaient les mêmes que durant sa première année de lycée, et il savait que leurs examens étaient plutôt simples. Et en se basant sur leur personnalité et leur façon de donner cours, il pouvait deviner quelles parties du programme ils allaient utiliser, surtout qu’il se souvenait bien de leur style de l’année précédente. Amane était à peu près sûr de pouvoir prédire les questions.
Il avait même dit à Chitose quelles sections du manuel étaient les plus susceptibles de tomber. Ce n’était qu’une hypothèse, mais il ne s’était encore jamais trompé, alors si elle se concentrait sur ces parties, elle éviterait probablement de rater l’examen.
« Amane, tiens. »
Alors qu’il résolvait des exercices en silence, Mahiru s’était levée sans qu’il ne s’en aperçoive, et maintenant, elle posait une tasse de café devant lui.
Il sourit en voyant la boisson, qu’il devina contenir un seul sucre et un peu de lait.
« Comme d’habitude, ça te va ? »
« Mm. Merci. »
Ils passaient du temps ensemble depuis une moitié d’année, alors ils connaissaient les goûts de l’autre.
Reconnaissant envers Mahiru, qui lui avait apporté ce café pile au moment où l’envie lui en prenait, Amane enroula ses doigts autour de l’anse de la tasse, puis remarqua qu’elle avait aussi posé une petite assiette devant lui.
« C’est quoi ? »
« Un financier. Je les ai faits hier, en me disant qu’on aurait besoin de sucre pour le cerveau. »
Sur la petite assiette reposait un financier tout doré, de la taille d’une bouchée. Un cure-dent planté au sommet permettait de le manger sans se salir les doigts. Mahiru les avait sûrement faits ainsi pour qu’ils puissent être mangés rapidement entre deux révisions.
Elle avait aussi préparé des gâteaux pour Itsuki et les autres, encore en train de jouer. Les leurs étaient un peu plus gros et posés sur des assiettes réunies sur un plateau.
Mahiru avait également préparé du café pour les trois joueurs, mais cette fois le sucre et le lait étaient en libre service, avec des sachets et des petites doses de crème disposés sur le plateau.
Souriant, elle s’approcha discrètement des joueurs et posa le plateau sur une table proche. « Servez-vous aussi. »
« Wah ! Merci, Mahiru ! »
« Oh, des gâteaux ! Et en plus au bon moment. Merci, Shiina. »
« Ce n’est rien, vraiment. »
Mahiru revint à la table, regardant avec satisfaction les trois amis profiter de leur pause sucrée, et Amane sentit un sourire se dessiner sur ses lèvres.
« … J’ai un peu l’impression de t’avoir fait tout préparer. »
« Non, je l’ai fait parce que j’en avais envie ! » Insista Mahiru. « Et j’ai tout préparé entre deux révisions, alors c’était une bonne façon de faire des pauses. »
« Tu fais toujours tout à fond, toi. »
« … Je consacre du temps pour les gens à qui j’ai envie de le consacrer. »
Amane sentit une boule de chaleur lui monter à la gorge lorsqu’elle murmura ces mots d’une voix douce.
Il la fit passer avec une gorgée de café. Mahiru n’y avait pas ajouté plus de sucre que d’habitude, mais il lui sembla étrangement sucré.
C’était une douceur agréable, et il ne savait pas vraiment comment réagir à ce que Mahiru venait de dire. Alors il replongea dans son cahier, pour se donner l’illusion qu’il n’avait rien à répondre.
Au final, le tournoi de jeux vidéo se poursuivit jusqu’au soir.
***
Amane avait fini par faire une pause dans ses révisions et s’était joint aux autres lorsqu’il n’arrivait plus à se concentrer. Mais ce n’était pas seulement la fatigue accumulée après plusieurs heures d’étude qui l’empêchait de se concentrer.
Qu’est-ce qu’elle voulait dire, exactement, par « Je consacre du temps pour les gens à qui j’ai envie de le consacrer. » ?
Amane repassait en boucle dans sa tête les paroles chuchotées de Mahiru. Il avait toujours su qu’elle faisait des choses pour les gens qu’elle aimait bien, mais dit comme ça, on aurait dit qu’elle éprouvait une forme d’affection particulière à son égard.
Amane pensait certes que Mahiru l’appréciait, mais il ne s’était jamais dit que c’était de manière romantique.
Et pourtant, avec cette formulation, on aurait presque cru qu’elle faisait tout ça parce qu’elle l’aimait… Pas simplement comme un ami… L’idée lui tournait dans la tête.
Je veux dire, je comprendrais qu’elle fasse tout ça parce que je suis un raté de première, et qu’elle sente qu’elle doit intervenir, mais…
En vérité, Amane était assez nul en tâches ménagères pour que ce ne soit pas complètement exclu. Il pouvait survivre seul s’il faisait un effort, mais il s’en remettait beaucoup à Mahiru.
Il ne savait pas dire si Mahiru voulait juste prendre soin de lui ou si elle était aussi attentionnée parce qu’elle avait un faible pour lui. Vu ses propres sentiments, Amane avait envie d’imaginer que c’était la seconde option, et il ne pensait pas que ce soit totalement hors de portée. Mais il doutait quand même sérieusement d’être le genre de garçon que Mahiru pouvait réellement aimer.
« … Amane ? T’es tombé du ring. »
« Hein… ? »
Amane s’était perdu dans ses pensées au beau milieu de la partie et avait laissé son personnage sortir de l’écran sans s’en rendre compte. Il n’avait plus de vies, donc il fut éliminé.
Un affrontement serré opposait désormais Itsuki, Chitose et Yuuta. Amane n’aurait jamais cru que Yuuta soit si doué aux jeux vidéo.
En temps normal, Amane n’aurait jamais fait une erreur aussi grossière. C’était dire à quel point il avait été troublé par la remarque de Mahiru.
« Tu dois vraiment plus avoir la tête à ça à force d’avoir étudié. Tu planes complètement. »
« … Sans doute… » Répondit Amane. « Mahiru, tu veux jouer la prochaine partie ? »
« Non, je vais devoir commencer à préparer le dîner, alors… »
Mahiru jeta un coup d’œil à l’horloge, et Amane fit de même pour voir qu’il était presque dix-neuf heures. Il était en effet un peu tard pour commencer à cuisiner.
« Oh, elle a raison, il est déjà si tard… Je vais devoir rentrer. Je peux pas rester dormir, de toute façon. » Dit Chitose.
« Ouais, je suis sûr que t’aurais aimé passer la nuit chez Shiina, Chi, mais on t’a rien apporté pour dormir. Et puis t’as même pas demandé avant, et je doute que ses vêtements t’aillent, de toute façon… »
« Dis-moi, mon cher Itsuki, tu veux bien m’expliquer ce que tu entends par là ? »
« Je parle de votre taille, bien sûr. »
Mahiru pouffa en regardant le couple se chamailler gentiment comme d’habitude. « Revenez dormir la prochaine fois. »
« C’est vrai ? »
« C’est vrai. Tant que vous me prévenez à l’avance. »
« Alors dans ce cas, je dormirai chez Amane, moi aussi. » Ajouta Itsuki.
Amane fronça les sourcils. « J’ai comme l’impression que tu veux juste profiter d’un bon repas… »
« Touché. Sa cuisine est bien trop délicieuse ! » Rigola Itsuki sans aucune malice.
Avec un soupir, Amane lui dit. « Tu sais que c’est à Mahiru qu’il faut demander, hein ? »
C’était elle qui devait préparer toute la nourriture en plus, alors Amane n’allait pas l’engager sans son accord.
Si elle refusait, les garçons pourraient toujours aller manger dehors ou acheter quelque chose au konbini, ce qui donnerait un côté plus festif à la soirée, donc ce ne serait pas dramatique.
Mahiru hocha la tête avec un sourire, et Amane se dit que Chitose et Itsuki allaient probablement revenir dormir bientôt.
« Kadowaki viendra aussi la prochaine fois ? » Demanda Mahiru.
« Oh, je pourrais ? »
« Eh bien… » Commença Amane.
« Si tu viens, on organisera une soirée ‘donner un coup de pied aux fesses d’Amane’ ! » Coupa Itsuki.
« Dis donc, tu crois que t’as le droit de décider de trucs bizarres comme ça ? »
« Allez, ça te dit pas ? »
La joue d’Amane tressaillit face au large sourire d’Itsuki. Yuuta, un peu pris de court, finit par esquisser un sourire, soulagé.
***
« Dis, Mahiru… Qu’est-ce que tu voulais dire quand tu as dit que tu consacres ton temps pour ceux à qui tu as envie de le consacrer ? »
Alors qu’ils se tenaient dans l’entrée après avoir raccompagné tout le monde, Amane lui posa la question d’une voix hésitante. Cela le travaillait depuis toute la soirée.
Il avait longtemps hésité à lui demander, mais il s’était mis à marmonner, incapable de savoir quoi faire, et Itsuki lui avait donné un léger coup de pied en disant. « Te prends pas la tête, pose-lui la question. »
Amane ne s’attendait pas à un ‘coup de pied aux fesses’ littéral, donc il avait répliqué d’une tape. Mais Itsuki n’avait pas l’air d’avoir compris la leçon, donc ça n’avait servi à rien.
Mahiru cligna des yeux en le regardant. Puis, lentement, les coins de ses lèvres s’étirèrent en un sourire. « … Et toi, tu crois que je voulais dire quoi ? »
« … Que tu peux pas lâcher ce type inutile des yeux une seconde ou un truc dans le genre ? »
Amane était trop gêné pour dire quoi que ce soit de plus direct. Il ne voulait pas paraître prétentieux.
« Hé hé, eh bien, c’est pas faux. J’ai peur de te quitter des yeux. Si j’étais pas là, tu serais vraiment en galère. »
« J’ai pas trop d’arguments à proposer là. »
Mahiru prenait vraiment grand soin de lui. Si elle n’était pas là, Amane ne pourrait jamais maintenir son mode de vie actuel.
« … Tu sais, ça me va. J’aime bien m’occuper de toi, Amane. »
« Je me laisserais complètement aller… Sans toi, je m’effondrerais et je fanerais… »
« Hé hé. »
Ce qui faisait peur avec Mahiru, c’est qu’Amane savait que si elle disparaissait de sa vie, il deviendrait une épave, aussi bien émotionnellement que physiquement.
En un certain sens, elle l’avait mis en captivité. Il lui serait impossible de s’éloigner d’elle —et il n’en avait pas envie. Évidemment, la principale raison était qu’il était amoureux d’elle.
S’il lui avouait ses sentiments et qu’elle le rejetait, il savait qu’il serait complètement détruit. Amane se moqua intérieurement de lui-même, mais ne lui avoua pas que c’était pour cette raison qu’il n’avait jamais osé faire le premier pas.
Mahiru s’approcha de lui, sans raison apparente. Elle ne se colla pas contre lui, mais elle était assez près pour qu’ils se touchent légèrement. Elle s’approcha jusqu’à se placer juste devant Amane, le regarda dans les yeux… puis, avec son index, elle traça lentement le contour de ses lèvres.
« … Je vais te chouchouter autant que j’en ai envie, alors laisse-toi faire, d’accord ? »
Mahiru plissa les yeux avec espièglerie. Et Amane se rendit compte qu’il avait oublié comment respirer.
Mahiru affichait un sourire qu’il n’avait encore jamais vu. Doux, mais provocant… presque envoûtant. On aurait pu le qualifier de diabolique tant il avait de quoi ensorceler n’importe qui. Amane sentait ce sourire tirer sur ses émotions.
Il sentait aussi son cœur battre à tout rompre et le sang affluer dans tout son corps.
Il avait déjà vu bien des sourires de Mahiru : son sourire angélique, son petit rictus discret et furtif, son air malicieux de gamine… Mais jamais encore elle ne lui avait lancé un regard aussi séducteur.
Elle contempla avec satisfaction Amane, toujours figé sur place, puis elle retrouva son expression habituelle et se dirigea vers la cuisine. « Bon, je vais préparer le dîner. »
Amane la regarda s’éloigner, les joues en feu.
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source : traduction anglaise officielle par Yen Press
lien : https://yenpress.com

