The angel next door spoils me rotten : chapitre 01-volume 04

Les pensées de l'ange

Traducteur: linkfet
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« Nous ne sortons pas ensemble, mais pour moi… c’est la personne la plus importante au monde. »

                Mahiru avait déclaré cela publiquement, devant toute la classe. Le reste de la journée, Amane fut incapable de penser à autre chose ou de suivre les cours. Il ne savait tout simplement pas ce que Mahiru avait voulu dire par ‘important’. Est-ce qu’elle parlait d’une simple amitié, d’une proximité affectueuse… ou bien d’un sentiment plus romantique ?

                Plus il y pensait, plus l’angoisse et l’incertitude le rongeaient, mais une lueur d’espoir venait aussi s’agiter dans sa poitrine. Toute la journée, il fut submergé par des émotions qu’il n’aurait su pas transformer en mots.

                Son ami Itsuki lui sourit, mais ne fit ni remarque ni plaisanterie.

                Amane savait qu’il avait peu de chances de deviner ce que Mahiru pensait vraiment. Il passa toute la journée agacé, souhaitant pouvoir simplement lui demander ce qu’elle avait voulu dire. Mais il n’en eut pas l’occasion à l’école.

                Quand ils furent enfin de retour dans l’appartement d’Amane, il se décida, timidement, à interroger Mahiru.

                Elle le regarda avec un air intrigué. « Je n’ai pas menti, tu sais. » Répondit-elle sans la moindre hésitation. Elle semblait ne pas comprendre pourquoi il lui posait la question.

                Mahiru enfila son tablier pour préparer le dîner. Elle arborait un petit sourire, consciente, peut-être, du trouble d’Amane. « Je suis plutôt sociable, mais mon cercle d’amis est réduit. Les seules personnes que je peux qualifier de vraiment proche de moi, ce sont toi, Chitose et Akazawa. Bien sûr, vous êtes tous importants pour moi, mais parmi vous trois, tu es celui avec qui je me sens le plus à l’aise, celui dont je suis la plus proche. »

                « Ah, euh… »

                Amane savait que ce que disait Mahiru était vrai, mais l’entendre lui dire ça en face lui faisait un drôle d’effet.

                « On a passé environ un semestre ensemble, et ce temps a eu beaucoup de sens pour moi. Je n’ai jamais été du genre à me rapprocher des autres, et tu es la personne la plus agréable, la plus facile à vivre que je connaisse. » Dit-elle calmement, avec sincérité.

                Amane réprima un gémissement en croisant le regard doux de Mahiru. Elle le regardait droit dans les yeux.

                « Pour moi, le monde est un petit endroit. Je pourrais compter les gens que j’aime sur les doigts d’une main, comme si je vivais dans un minuscule jardin… Et dans ce petit monde, tu es la personne la plus précieuse à mes yeux. C’est toi qui m’as dit que j’étais bien comme je suis. »

                « Mahiru… »

                « Alors je voudrais que tu aies un peu plus confiance en toi, Amane. »

                Les joues de Mahiru rosirent, colorant son visage d’une expression timide, qui trahissait ses sentiments, même si elle-même ne semblait pas s’en rendre compte.

                La sincérité qui se lisait sur son visage fit naître en Amane une tempête d’émotions contradictoires —une gêne intense, mais aussi une joie indicible qui menaçait de faire exploser sa poitrine.

                « Après tout, tu sais bien que c’est toi en qui j’ai le plus confiance. Tu pensais qu’il y avait quelqu’un d’autre que j’aimais ? »

                « Ce n’est pas ça, mais… dit comme ça, tu devais bien te douter de la façon dont j’allais l’interpréter, non ? »

                « Tout à fait. » Répondit Mahiru avec un sourire serein.

                Amane la fixa. « Alors quand tu as esquivé la question de cette manière, tu savais que ça allait provoquer des interrogations insistantes et des soupçons de romance ? »

                Le sourire de Mahiru s’élargit. Elle paraissait étonnamment détendue. « Exactement. »

                « Dans ce cas, n’aurait-il pas été plus simple de gérer les rumeurs en laissant filtrer quelques indices progressivement ? Puisque les gens vont de toute façon spéculer, autant contrôler un peu la direction que ça prend. »

                « … En effet. »

                Amane savait que Mahiru avait sa propre façon de voir les choses, mais pour lui, l’entendre parler de lui en public, même de manière indirecte, avait été extrêmement stressant.

                Au final, sa déclaration avait causé un sacré remue-ménage, mais Mahiru, elle, avait simplement affiché son sourire angélique avec calme. Les garçons qui étaient amoureux d’elle devaient en ce moment même être en train de stresser à cause de tout ça.

                « Bref, tu devrais faire un peu plus attention. Si tu ne m’en parles pas à l’avance, moi aussi, je pourrais mal interpréter les choses. »

                « Mal interpréter ? »

                « … D’habitude, si quelqu’un disait ce genre de chose à mon sujet, je penserais comme tout le monde. »

                Amane se disait que Mahiru devait sûrement l’aimer d’une certaine manière. Sinon, elle ne serait pas aussi détendue avec lui, ni ne le regarderait avec autant de confiance dans les yeux. Mais il n’arrivait pas à cerner exactement la nature de cette affection.

                Était-ce le même genre de sentiment que celui qu’il éprouvait pour Mahiru, ou quelque chose de plus profond encore ?

                Les sentiments qu’il ressentait n’étaient pas faciles à exprimer avec des mots.

                Ce n’était pas une passion brûlante, ni un désir douloureux et déchirant. C’était plutôt une chaleur douce et constante, comme celle d’une bougie. Mahiru était la première personne pour laquelle il avait ressenti un tel attachement, cette envie paisible mais forte de la chérir.

                Cependant, ce n’étaient pas des sentiments que deux amis de sexe opposé pouvaient évoquer à la légère. Et puis, Amane ne savait pas si Mahiru ressentait la même chose. C’est pourquoi il se dit qu’il devait s’exprimer clairement pour ne pas être mal compris.

                « Je veux dire, si par exemple, j’annonçais que tu es quelqu’un d’important pour moi, dans ce genre de contexte, tu t’en ferais des idées toi aussi, non ? »

                « Mais je ne pense pas que tu serais capable de dire une telle chose, Amane. »

                « Eh bien, c’est vrai, mais… »

                « Ou alors, tu es en train de me dire que tu vas le faire ? »

                « Je sais que si je le faisais, ce serait comme me tirer une balle dans le pied. »

                Je sais très bien que les regards assassins des autres me transperceraient —non, ils m’éventreraient. Je mourrais à cause de mille coups d’œil.

                Amane agita la main devant son visage. Il n’avait pas l’intention de se jeter dans une telle situation sans préparation.

                Mahiru laissa échapper un petit rire.

                « Je sais bien que tu n’es pas du genre à prendre des risques. »

                « … J’ai comme l’impression que ça t’agace. »

                « Tu te fais des idées. »

                Amane était à peu près sûr de ne pas avoir imaginé l’air exaspéré sur le visage de Mahiru, mais elle ne semblait pas décidée à lui donner d’explications.

                Mahiru poussa un profond soupir, comme pour évacuer sa frustration, puis se dirigea vers la cuisine.

                « … Hein ? »

                « Qu’est-ce qu’il y a ? »

                « Si jamais je faisais une déclaration publique, ça aurait aussi un impact important sur ta vie… Tu y es préparée ? »

                « Quelle drôle de question. Je ne proposerais jamais une chose pareille si je n’étais pas prête à en assumer les conséquences. »

                Amane resta sans voix, car elle avait vraiment dit cela sans la moindre hésitation. Sans même lui jeter un regard, Mahiru commença à sortir ses ustensiles de cuisine, faisant virevolter l’ourlet de son tablier.

                « Je sais bien que mon statut social est différent du tien, et que nous attirons une attention très différente. Je comprends aussi que tu ne veuilles rien dire. Et je n’ai pas envie de te mettre mal à l’aise. »

                « … Ça, c’est… »

                « C’est pénible d’être populaire, tu sais. On surveille constamment ton comportement en public, on se mêle de tout. »

                Mahiru maugréa dans son coin, visiblement lasse d’être le centre de l’attention. Puis elle se retourna vers Amane.

                « Mais ici, nous ne sommes que tous les deux, il n’y a personne pour s’immiscer. Pour l’instant, ça me suffit. »

                Mahiru lui adressa un sourire malicieux, et Amane ne put rien faire d’autres que la fixer en silence, hypnotisé par la beauté de ce sourire, incapable de prononcer le moindre mot.

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source : traduction anglaise officielle par Yen Press

lien : https://yenpress.com

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